
Dans une déclaration musclée, les organisations de la société civile, menées par la plateforme Rohy, montent au créneau. Pour ces acteurs majeurs de la vie publique, le simple remplacement des membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’est qu’un cautère sur une jambe de bois. Cette organisation de la société civile réclame une refonte totale.
Le ton est monté d’un cran. Alors que les débats sur l’amélioration du processus électoral s’intensifient, la société civile malgache, fer de lance de la bonne gouvernance et de la démocratie, a tranché : elle ne participera pas à la valse des chaises musicales au sein d’Alarobia. Pour elle, le constat est amer et sans appel : la structure actuelle de la CENI souffre d’un déficit de crédibilité chronique qui l’empêche de piloter la moindre réforme sérieuse.
Prise de conscience
Selon les termes de leur déclaration, le maintien du Bureau permanent actuel constitue une « dépense inutile des fonds publics ». La société civile va plus loin en saluant ironiquement la « prise de conscience » des huit commissaires électoraux qui, selon elle, ne devraient plus assumer la responsabilité de diriger les étapes de la réforme. Le message est limpide : le problème n’est pas seulement humain, il est structurel.
Nomination « précipitée ». L’actuel président de la CENI est particulièrement visé par ces critiques. Ses méthodes de travail, déjà observées lors de ses précédents passages au sein de l’institution, ainsi que les conditions de sa nomination « précipitée » par l’Assemblée nationale entachent, selon les signataires, toute garantie d’impartialité. Dans ce contexte, la société civile estime que son installation d’urgence ne fait que renforcer les doutes sur la capacité de l’organe à mener des élections transparentes.
Dissolution
Face à ce qu’elle qualifie d’impasse, la société civile lance un appel solennel au président de la Refondation. La priorité n’est plus au remplacement des membres, mais bien à la dissolution pure et simple du Bureau permanent. La proposition est radicale : laisser les agents exécutifs assurer le service minimum et la gestion courante de l’institution, le temps qu’un nouvel organe, issu d’une véritable concertation nationale, voie le jour.
Confiance
Loin de se contenter d’une posture de contestation, ces organisations se disent prêtes à s’impliquer directement. Elles proposent de collaborer étroitement avec le ministère d’État chargé de la Refondation pour coordonner les échanges avec les acteurs politiques. L’objectif ultime demeure l’instauration d’une « nouvelle » structure, réellement indépendante, capable de redonner confiance aux électeurs. À l’heure où Madagascar cherche son souffle démocratique, cette position de la société civile remet la question de la crédibilité électorale au centre de l’échiquier politique. Reste à savoir si les autorités sauront entendre cet appel pour un renouveau institutionnel tant attendu.
Julien R.


