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dimanche, octobre 4, 2026
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Cour des comptes : 3 000 milliards Ar de préjudice à l’État à cause des malversations financières en 2025

Les membres de la Cour des comptes lors de la présentation publique du rapport 2025 à Anosy.

3 811 milliards d’ariary envolés dans les finances publiques en 2025, la Cour des comptes dévoile l’ampleur des dérives. Le gouvernement entend traduire en justice tous les responsables des détournements.

Le chiffre est vertigineux et sans appel : 3 811 milliards d’ariary. C’est le manque à gagner pour les caisses de l’État en 2025, conséquence directe d’une gouvernance défaillante des finances publiques et de malversations à grande échelle. Révélé jeudi dernier à la Cour suprême, à Anosy, lors de la présentation officielle du rapport annuel de la Cour des comptes, ce montant met en lumière une hémorragie financière aux lourdes répercussions économiques et sociales. « L’État a beaucoup perdu », résume, sans détour, Jean de Dieu Rakotondramihamina, président de la Cour des comptes. Derrière cette formule lapidaire se cache une réalité plus alarmante encore : ce sont des secteurs entiers qui paient le prix de ces dérives. Éducation, santé, infrastructures routières, autant de domaines essentiels qui auraient pu bénéficier de ces ressources. « Les écoles, les hôpitaux, les routes ont subi le revers de ces malversations. L’État aurait pu améliorer significativement la qualité des équipements », poursuit le président de la Cour des comptes.

Le rapport 2025 de la Cour des comptes dresse un état des lieux préoccupant. Plusieurs ministères ainsi que des établissements publics ont été audités. Partout, ou presque, les mêmes failles apparaissent. Insuffisances de contrôle interne, opacité dans la gestion, contournement des procédures, voire violations caractérisées des règles budgétaires et financières, sont soulevés par la Cour des comptes. Mais c’est surtout le cas du Fonds souverain de Madagascar (FSM) qui cristallise l’attention. Créé sous le régime d’Andry Rajoelina avec l’ambition affichée de soutenir les investissements stratégiques et de sécuriser des ressources pour les générations futures, cet instrument financier se retrouve aujourd’hui au cœur d’un scandale aux multiples ramifications. Le FSM, vitrine devenue symbole d’opacité.

Opacité

L’audit mené par la Cour des comptes révèle une longue liste d’anomalies graves au sein du FSM. Parmi les irrégularités relevées figurent une libération occulte du capital, des incohérences dans les textes régissant l’institution et son organisation, ainsi qu’un manque flagrant de clarté dans sa structuration juridique. Plus troublant encore, des transferts massifs de fonds ont été opérés depuis les comptes logés à la Banque centrale de Madagascar vers des comptes ouverts au nom de la société FSM auprès de la banque commerciale BRED. Le rapport pointe aussi des paiements jugés incompatibles avec les missions du fonds souverain, censé financer des projets d’intérêt national à long terme. À cela s’ajoutent des zones d’ombre persistantes, notamment autour de certains paiements effectués à AFG Assurance, ainsi qu’une insuffisance criante d’informations financières sur la société FSM, caractérisée par l’absence de comptes financiers fiables. Autant d’éléments qui laissent apparaître une gestion marquée par l’opacité et un éloignement préoccupant des standards de bonne gouvernance.

Face à ces révélations explosives, l’Exécutif a rapidement réagi. Dès le lendemain de la publication du rapport, le président de la refondation de la République a donné des instructions fermes à l’ensemble des organes de contrôle afin d’ouvrir des investigations approfondies. Dans un communiqué, la Présidence affiche une volonté de rupture avec les pratiques décriées. Tous les responsables, à tous les niveaux de l’administration, susceptibles d’être impliqués dans ces malversations devront faire l’objet d’enquêtes, selon le communiqué. La consigne est claire : aucune responsabilité ne doit être éludée. Plus encore, le chef de l’État exige que les personnes impliquées soient traduites devant la justice. Une orientation qui se veut dissuasive dans un contexte où la question de l’impunité reste un point sensible de la gouvernance publique. Au-delà des enquêtes et des poursuites, la Présidence appelle également à des réformes structurelles. Les organismes concernés sont exhortés à revoir les textes en vigueur afin de combler les lacunes juridiques mises en évidence par le rapport de la Cour des comptes.

Rija R.

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