
Les résultats de l’audit réalisé par la Cour des comptes auprès du ministère de la Communication et de la Culture concernant les projets d’infrastructures culturelles sur une période de 2019 à 2023, ont été accablants.
Lors de la présentation de son Rapport public 2025, cette Institution supérieure de contrôle des finances publiques a évoqué une défaillance importante en matière de planification jusqu’au contrôle des marchés publics, sans oublier les irrégularités des procédures. À titre d’illustration, 17 Maisons de la Communication et de la Culture (MCC) ont été construites pour un montant global de près de 21 milliards d’Ar. Les prestations sont payées intégralement à 100 % pour 8 MCC alors que les travaux de construction ne sont pas encore achevés, et une autre MCC en cours de construction est déjà réglée à 95 %. Le cas de la MCC de Manakara est particulièrement révélateur. En effet, l’infrastructure demeure inachevée. L’entreprise titulaire du marché a abandonné le chantier depuis près de quatre ans. Pourtant, la totalité de la facture a déjà été honorée.
Effondrée
En plus, une dégradation importante de ces infrastructures a été évoquée par la Cour des comptes. La MCC de Morondava s’est intégralement effondrée en 2022, un sinistre constaté par le ministère de tutelle, alors qu’une réception provisoire a déjà eu lieu auparavant. Ce marché, d’une valeur de près d’un milliard d’Ar, a été payé en totalité, exposant l’État à un risque majeur de gaspillage des deniers publics, selon la Cour des comptes. D’autres infrastructures, bien qu’elles soient inaugurées, présentent également une dégradation avancée, comme la MCC à Farafangana. Celle de Haute Matsiatra expose les usagers et le personnel à des risques réels en raison d’une menace d’effondrement, même partiel. En outre, plusieurs installations demeurent défectueuses ou inachevées, révélant une défaillance dans l’exécution et le contrôle des travaux.

Surcoût
Par ailleurs, l’audit révèle également une hausse vertigineuse du coût de reconstruction du Rova Manjakamiadana, passant de 8,46 milliards d’Ar à 11,79 milliards d’Ar, soit un surcoût de 38,7 %, justifié par une modification du plan architectural en cours de route. En plus, l’attribution de marchés de gré à gré pour l’installation d’un système de climatisation et d’un escalier métallique contrevient aux dispositions légales. Ces marchés complémentaires affichent des surcoûts aberrants, dépassant les seuils tolérés de 1 000 % et 100 %, en violation directe du Code des marchés publics. Quant au chantier de l’Académie nationale des arts et de la culture, estimé initialement à 8,68 milliards d’Ar, il demeure inachevé alors que les prestations ont déjà été réglées à hauteur de 93,9 %. Concernant l’Ofisin’ny Rovan’i Madagasikara (ORMada), la Cour des comptes constate un non-respect du principe de sincérité des comptes, certaines dépenses n’ayant pas été retracées dans les documents comptables. Enfin, l’Auditorium Havoria, d’un coût supérieur à 4,4 milliards d’Ar, a été livré en seulement 8 jours au lieu des 90 jours prévus. De nombreuses dégradations y sont actuellement constatées, a-t-on conclu.
Navalona R.


