
L’audit des finances publiques ravive les exigences de redevabilité. À Ambatonakanga, la société civile a salué une démarche jugée courageuse, tout en plaidant pour une rupture plus nette avec les logiques internes de dépendance.
Réunis au siège du mouvement ROHI à Ambatonakanga, des représentants de la société civile ont livré, lors d’une conférence de presse, un message de soutien appuyé à la Cour des comptes, saluant à la fois son courage et le professionnalisme de l’audit récemment mené sur la gestion des finances publiques. Pour ces intervenants, la publication des comptes constitue un enjeu majeur de transparence. Ils estiment que le contrôle des comptes publics reste un levier essentiel pour renforcer la bonne gouvernance, dans un contexte où la justice financière est souvent appelée à se pencher sur des dossiers sensibles liés à la gestion budgétaire de l’État, notamment dans les structures rattachées au ministère de l’Économie et des Finances.
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Les représentants du mouvement ont également mis en avant l’importance d’un leadership indépendant à la tête de ce département ministériel. Selon eux, le fait que certains ministres ne soient pas issus directement du sérail administratif du ministère facilite les opérations de vérification et réduit les risques de conflits d’intérêts dans la prise de décision. Ils ont cité, à ce titre, les exemples de ministres venus de l’extérieur, comme en 2015 avec Gervais Rakotoarimanana, ainsi que le ministre Dr Herinjatovo Ramiarison. Au-delà de l’audit lui-même, la société civile considère cette démarche comme un indicateur de capacité de gestion et de crédibilité dans la conduite des affaires publiques. Les intervenants ont notamment insisté sur l’ampleur des montants en jeu, évoquant une perte de l’ordre de 4 000 milliards d’ariary, et ont estimé que les avantages indus relevés concerneraient plusieurs entités clés du ministère, dont le Trésor, les Douanes et les Impôts. En bref, ils ont plaidé pour que les futurs ministres des Finances soient choisis sur la base de leur indépendance vis-à-vis des structures internes, jugeant ce profil plus à même de garantir une gouvernance rigoureuse et impartiale.
Antsa R.


