
Un scandale vient éclabousser le concours d’entrée à l’École nationale de la magistrature et des greffes (ENMG), filière judiciaire, 21ᵉ promotion 2024. Le lundi 23 mars 2026, six personnes suspectées d’être responsables de la fuite de sujets d’examen dans ce concours ont été déférées devant le Pôle anti-corruption d’Antananarivo. Ils sont poursuivis pour corruption active et passive, abus de fonctions, favoritisme et complicité. Trois d’entre eux ont été placés en détention provisoire à la Maison centrale d’Avaradrano, tandis que les trois autres sont actuellement sous contrôle judiciaire en attendant leur procès. Pourtant, cette session avait déjà été marquée par plusieurs reports destinés à préserver sa crédibilité. Initialement prévu en août 2025, le concours avait été une première fois repoussé en octobre, avant d’être à nouveau ajourné dans un contexte politique tendu et face à des inquiétudes grandissantes sur la transparence du processus. Ce n’est qu’après validation en Conseil des ministres que les épreuves ont finalement été fixées du 16 au 19 décembre 2025.
Réseau organisé depuis l’intérieur
Les résultats de l’enquête menée par le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) sur cette affaire, et transmis au PAC, ont confirmé les craintes exprimées à l’époque. Les investigations ont permis de mettre au jour un réseau structuré de fuite et de vente de sujets d’examen dans ce concours, opérant depuis l’intérieur même de l’établissement. Chaque matin, entre 5 heures et 7 heures, un agent chargé de la reprographie transmettait les sujets via son téléphone personnel, en violation des procédures de confinement. Les sujets étaient ensuite diffusés sur l’application WhatsApp, moyennant un million d’ariary par épreuve et par candidat. L’enquête révèle également l’implication d’autres agents de l’école, certains jouant le rôle d’intermédiaires, d’autres ayant directement acquis les sujets. Par ailleurs, des personnes extérieures auraient également bénéficié de ces fuites, notamment par relations personnelles ou solidarité. À cet effet, l’enquête se poursuit et pourrait encore révéler d’autres ramifications.
T.M.


