Madagascar est reconnu mondialement pour son hotspot de biodiversité, le plus riche au monde, avec le taux d’endémicité le plus élevé.
« Son capital naturel représente environ 30 % de la richesse nationale. Une dépendance structurelle du pays aux ressources naturelles est également observée. À titre d’illustration, l’agriculture, la foresterie et la pêche contribuent à hauteur de 25 % du produit intérieur brut tout en générant près de 75 % des emplois. En outre, près de 40 % de nos exportations sont également issues du capital naturel, essentiellement du secteur minier », a expliqué Nanie Ratsifandrihamanana, country manager de WWF Madagascar, lors d’une conférence de presse, hier, au Radisson Blu.
Stratégie à l’action. « Malgré cette dépendance structurelle, la valeur des écosystèmes et des services qu’ils rendent reste encore insuffisamment intégrée dans les arbitrages budgétaires, les politiques publiques et les décisions d’investissement. Raison pour laquelle le Forum du capital naturel, dans sa 3ᵉ édition, sera organisé les 2 et 3 avril 2026, en vue de passer de la stratégie à l’action. Lors des deux éditions précédentes, l’on a déjà acquis beaucoup de connaissances, avec une meilleure compréhension des outils et des méthodologies pour évaluer le capital naturel et ses valeurs monétaires. Il est ainsi temps de traduire ces acquis en actions concrètes pour que l’on puisse intégrer ce capital naturel dans les décisions économiques et financières », a-t-elle enchaîné.
Coordination. Il est à noter que ce Forum du capital naturel est organisé par le Réseau Nat Cap Madagascar, avec l’appui de l’Agence française de développement, du Fonds pour l’environnement mondial et du WWF. Des décideurs publics, des membres du secteur privé, des institutions financières, des chercheurs et des membres des organisations de la société civile y participeront activement. Le thème choisi pour cette 3ᵉ édition est axé sur « Intégrer le capital naturel dans les décisions économiques et financières : de la stratégie nationale à l’action ». Pendant ces deux jours, la conciliation de la production économique et de la durabilité des ressources, la mobilisation de mécanismes financiers adaptés aux enjeux environnementaux, le renforcement de la coordination institutionnelle et la participation des acteurs seront les sujets à discuter. De même, l’intégration du capital naturel dans les décisions publiques et économiques.
Valeur monétaire. Par ailleurs, le directeur général de l’Environnement, Rivosoa Rabenandrianina, a soulevé que l’évaluation de la valeur monétaire de notre capital naturel constitue un grand défi afin de l’intégrer dans les comptes nationaux. « Toutes les parties prenantes, dont, entre autres, les ministères en charge de l’Environnement et du Développement durable, de l’Aménagement du territoire et des Services fonciers, ainsi que de l’Économie et des Finances, doivent ainsi renforcer leur coordination pour la mise en place des outils servant à évaluer la valeur monétaire de ce capital naturel. Amoron’i Mania et Haute Matsiatra sont les régions ciblées pour ce faire. Il y a cinq ou six ans, une évaluation de la valeur écosystémique des ressources naturelles dans des parcs nationaux a déjà été effectuée », a-t-il conclu.
Navalona R.




