
À quelques mois de l’évaluation mutuelle à laquelle Madagascar sera soumis en juillet 2026, une délégation malgache a pris part à la 51e Réunion des Task Forces of Senior Officials de l’ESAAMLG, le Groupe anti-blanchiment d’Afrique orientale et australe.
La rencontre régionale s’est tenue du 23 au 27 mars 2026 à Arusha, en Tanzanie. Selon la délégation malgache, la participation à ce rendez-vous technique revêt une portée stratégique pour Madagascar. Elle s’inscrit dans le cadre des obligations régionales du pays, mais surtout dans une dynamique de préparation active face à une échéance jugée déterminante. L’évaluation mutuelle à venir permettra en effet d’apprécier la solidité du dispositif national de prévention, de détection et de répression des circuits financiers illicites. À noter que la délégation malgache réunissait plusieurs entités clés de l’appareil d’État. Outre des représentants du SAMIFIN et de la CSBF, elle comprenait des membres de la Présidence, de la Primature ainsi que du ministère de l’Économie et des Finances. Au sein de ce département, étaient notamment représentées la Direction générale des douanes, la Direction générale du Trésor, la Direction générale des impôts et la Direction de l’audit interne. Cette composition traduit une approche coordonnée, mobilisant les principales administrations concernées par la traçabilité des flux financiers, le contrôle, la fiscalité et la surveillance des risques.
Assistance technique
Les travaux menés à Arusha ont porté sur plusieurs volets sensibles. Parmi eux figurent la réunion du Comité d’audit et des risques du groupe, les échanges sur l’identification des risques et tendances émergentes liés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, ainsi que les discussions sur le partage d’expériences entre pays membres. La question des demandes d’assistance technique a également occupé une place importante, dans la mesure où elle conditionne la capacité des États à renforcer leurs mécanismes institutionnels et opérationnels. Pour Madagascar, cette présence à Arusha constitue aussi un exercice de mise à niveau. En participant aux travaux de suivi des progrès des pays membres, le pays affine sa lecture des exigences régionales et internationales en matière de conformité. Il s’agit non seulement d’évaluer les avancées déjà accomplies, mais aussi d’identifier les ajustements encore nécessaires avant l’échéance de juillet. Dans un contexte où la crédibilité financière d’un État se joue aussi sur sa capacité à prévenir les flux illicites, cette mobilisation apparaît comme un signal fort. À travers cette participation, Madagascar affiche sa volonté de consolider son dispositif, d’améliorer sa coordination interinstitutionnelle et de se présenter avec davantage de préparation face à un examen régional aux implications majeures.
Antsa R.


