
48 h avec Craig et Lorraine… 48 heures de calvaire à Madagascar et la mort au rendez-vous pour Lorraine Russell, une Écossaise de Carfin, dans le North Lanarkshire. Mi-janvier 2024, la sexagénaire, accompagnée de son mari, est en pleine croisière à bord du Norwegian Dawn de la compagnie américaine Norwegian Cruise Line. À bord, elle fait un infarctus après avoir quitté un port tanzanien pour se diriger vers Madagascar et l’île Maurice. À partir de ce moment, c’est l’enfer pour elle et son époux.
Le navire se dirige vers Madagascar pour débarquer le couple à Nosy Be le 18 janvier. Témoignage de sa fille : elle décrit l’hôpital local comme une « clinique de santé sexuelle », avec « des patients gisant sur des boîtes de carton à même le sol ». Donc, inutile d’espérer un plateau technique nécessaire pour une intervention cardiaque.
La course contre la montre est engagée. Craig Russell, le mari, s’engage à payer de sa poche un vol vers Tananarive. Leur assureur les envoie dans un établissement public de la capitale : même constat pour le couple. Manque de matériel, scène de précarité, désistement des médecins par manque de moyens, etc. Lorraine stresse. Craig ne baisse pas les bras : ils prennent un taxi pour rejoindre la polyclinique d’Ilafy. Pas de lit, donc impossible de les recevoir.
Les tergiversations commencent, le mari supplie. Les responsables de cet hôpital privé acceptent de la soigner, les premières interventions de stabilisation sont effectuées. Le 21 janvier, à quelques heures de l’opération, Lorraine décède d’un arrêt cardiaque massif. Son cœur a lâché.
Mars 2026 : une action en justice est engagée contre Direct Line Assurance, qui a déjà versé une compensation de 3 000 euros, soit 14,5 millions d’ariary, à la famille. Verdict de la fille : « insultant ». Depuis cette date du 21 janvier 2024, l’affaire « Lorraine » est devenue un cas d’école.
Dans le milieu du tourisme mondial, les avis des « internautes » et des spécialistes internationaux du tourisme conseillent formellement de se prémunir d’une assurance avec « Evasan », ou évacuation sanitaire (Afrique du Sud ou La Réunion), avant de visiter Madagascar. Quand les exigences du standard international rencontrent la réalité des soins vécus par les Malgaches depuis une quinzaine d’années.
Il faut cependant voir les chiffres sur la démographie, l’espérance de vie, par exemple, et la santé, le coût de la pose d’un stent, par exemple, pour savoir qui, des présidents de la République élus de Madagascar, a failli à sa mission. Un gouvernement, un président de la République et ses lèche-bottes sont jugés sur la manière dont ils traitent les vulnérables et les faibles. Heureusement que les cartons peuvent toujours servir de lit d’hôpital pour les Malgaches.
Maminirina Rado


