Tout en excluant toute idée d’une opposition au régime de refondation du colonel Michaël Randrianirina, Marc Ravalomanana continue de critiquer la manière avec laquelle les autorités en place gèrent le processus de transition qui devrait mener le pays vers une élection libre et démocratique.
Processus consensuel et stabilité institutionnelle
Selon le candidat probable du parti Tiako i Madagasikara dans la prochaine course à la magistrature suprême, le chronogramme de transition a été établi de manière unilatérale, sans véritable concertation entre les principaux acteurs politiques du pays. Cette déclaration relance, en tout cas, le débat sur la légitimité du processus de transition. En effet, dans des contextes politiques fragiles, comme celui que traverse actuellement le pays, la crédibilité d’une feuille de route repose autant sur son contenu que sur les conditions de son élaboration. Une démarche perçue comme exclusive ou imposée risque de susciter des tensions, notamment de la part des forces politiques qui se sentent marginalisées, avec ce que cela suppose de conséquences politiques néfastes sur le plan interne : le caractère unilatéral pourrait entraîner des contestations, lesquelles seront à l’origine d’une fragilisation du climat politique déjà sensible. Les observateurs craignent surtout les conséquences internationales d’une transition non inclusive, susceptible de nuire aux relations du pays avec les partenaires internationaux. Il est, en effet, de principe que les organisations régionales et internationales, ainsi que les bailleurs de fonds, privilégient généralement des processus consensuels. En somme, l’enjeu central de ce processus de transition n’est autre que l’inclusivité de la feuille de route afin d’atteindre l’objectif principal que doivent se fixer aussi bien les autorités que toutes les parties prenantes : celui de restaurer durablement la stabilité institutionnelle et politique du pays.
R.Edmond.



