Ayant choisi d’intégrer le gouvernement Mamitiana Rajaonarison, la loyauté et la conviction de ces élus TIM envers leur famille politique sont désormais mises à l’épreuve.
Entre le marteau et l’enclume
Comment vont se positionner Maître Hanitra Razafimanantsoa, ministre de la Refondation, Lily Rafaralahy, ministre du Tourisme et de l’Artisanat, et Todisoa Andriamampandry, ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, par rapport à la rivalité latente entre Marc Ravalomanana et le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina ? Ces trois figures du Tiako i Madagasikara se trouvent désormais dans une situation inconfortable. Même si l’ancien président a tenté d’arrondir les angles lors de sa dernière conférence de presse, on voit que la friction entre les deux hommes est flagrante et difficile à cacher. Après la déclaration fracassante du locataire d’Iavoloha lors de la commémoration de l’insurrection du 29 mars, durant laquelle il s’est adressé au patron du TIM en proposant à ce dernier de prendre sa retraite politique pour laisser la direction de son parti aux jeunes, tous les observateurs comprennent que le numéro un de l’Empire Tiko est devenu l’homme à battre ou à abattre. Ayant choisi d’intégrer le gouvernement Mamitiana Rajaonarison, la loyauté et la conviction de ces trois ministres envers leur famille politique sont mises à l’épreuve. Le choix est difficile, car il en va de leur carrière et de leur avenir politiques. Tourner le dos au Tiako i Madagasikara pourrait leur coûter cher, car nul n’ignore que, s’ils étaient élus députés et conseillère municipale, c’est grâce à la notoriété de Marc Ravalomanana et du TIM. Force est de rappeler le cas d’anciens barons du parti qui ont opté pour la dissidence afin d’affronter les urnes sous une liste indépendante, mais qui ont essuyé un revers, pour ne pas dire un résultat catastrophique. On peut citer l’exemple de l’ancien député de Tana IV Félix Randriamandimbisoa, ou encore, plus récemment, du colonel Ramboasalama Emilien, qui avait récolté seulement 6 % des voix au niveau de sa circonscription.
Concertation nationale
Avec ce bras de fer à distance entre Ravalo et le col Michaël, Maître Hanitra Razafimanantsoa, Lily Rafaralahy et Todisoa Andriamampandry se trouvent dans l’embarras. Reste à voir s’ils feront le déplacement à Fianarantsoa ce samedi pour assister au meeting prévu par le président de la Refondation. Il convient en effet de noter que les trois ministres étaient les grands absents de la rencontre de Marc Ravalomanana avec ses partisans à Majunga. Leur absence remarquable, et très remarquée, avait suscité des polémiques, dans la mesure où cette tournée aurait pu être une occasion pour Dada de présenter publiquement les représentants du TIM au sein du nouveau gouvernement. Même si elle a été dégradée dans les rangs protocolaires, dans la mesure où son département n’est plus un ministère d’Etat et n’est plus rattaché à la Présidence de la Refondation, Maître Hanitra Razafimanantsoa joue un rôle clé dans le processus de concertation nationale. Durant son intervention mardi, Marc Ravalomanana avait dénoncé l’élaboration, d’une manière unilatérale, du chronogramme que le régime a présenté à la SADC le 28 février dernier. Bon nombre d’observateurs estiment que ces ministres TIM pourraient devenir des victimes collatérales si ce climat de tension entre les tenants du régime de Refondation et le numéro un du Tiako i Madagasikara persiste. Pour l’heure, l’ancien président continue de réaffirmer son soutien au régime en place.
Davis R




