
Après 17 longues années d’attente et de péripéties administratives, le rideau s’est enfin levé sur le magasin MAGRO Behoririka. Hier, à 14 heures précises, l’enceinte a officiellement rouvert ses portes au public, marquant le retour en force des produits Tiko sur le marché de la capitale.
L’émotion était palpable hier à Behoririka. Pour les fidèles de la marque et les anciens employés, cette journée n’était pas une simple reprise d’activité commerciale, mais un véritable événement. La cérémonie a débuté par un culte d’action de grâce. Dans une ferveur toute particulière, les employés ont tenu à placer cette nouvelle étape sous la protection divine. « Confie tes œuvres à l’Éternel, et tes projets réussiront », tel était le crédo affiché pour marquer ce nouveau départ après 17 ans de fermeture, suite aux événements de 2009, rappelant la culture d’entreprise historique du groupe.
Redéploiement national. Sitôt les portes ouvertes, les premiers clients ont pu constater le retour des produits emblématiques. Les rayons accueillent déjà les gammes de produits laitiers Tiko et Yoplait, symboles de l’industrie agroalimentaire malgache. Selon les responsables présents sur place, ce n’est qu’un début. Mike Ravalomanana a souligné que l’approvisionnement se fera de manière progressive. « Nous travaillons en étroite collaboration avec tous nos fournisseurs. Dès demain, les stocks seront renforcés avec d’autres références pour satisfaire les besoins des consommateurs », a-t-il souligné. L’ambition est claire : redonner ses lettres de noblesse au « Vita Malagasy ». Au-delà de Behoririka, la stratégie du groupe vise un redéploiement national. Des ouvertures dans les régions sont d’ores et déjà en gestation, signe d’une volonté de reconquête économique après des années de traversée du désert.
Fermeture administrative. Cette réouverture intervient après une longue période de turbulences. On se souvient qu’en août 2020, sous la direction de Germain (DGI), l’établissement, alors désigné sous l’appellation « Triple A », avait fait l’objet d’une fermeture administrative manu militari. À l’époque, le fisc invoquait des irrégularités concernant la carte fiscale et des défauts de déclaration d’existence. Malgré les mises en demeure et un contexte sanitaire lié à la Covid-19, qui avait pourtant entraîné des reports d’échéances fiscales pour de nombreux secteurs, le site de Behoririka était resté clos, sous surveillance des forces de l’ordre. Cette page semble aujourd’hui tournée, le groupe Tiko ayant manifestement régularisé sa situation pour permettre ce redémarrage tant attendu par ses partisans.
Anciens employés. En tout cas, dans une Ville des Mille où le prix du panier de la ménagère ne cesse de grimper, l’arrivée massive de produits locaux estampillés « Magro » est perçue par les consommateurs comme un salut inespéré. « On attend de voir les prix, mais la concurrence ne peut faire que du bien à nos portefeuilles », confie un père de famille habitué du quartier. Mais derrière les enjeux purement mercantiles, l’aspect humain reste au cœur des préoccupations. Pour les anciens employés, restés sur le carreau pendant de longues années de crise, l’espoir renaît de retrouver une stabilité professionnelle. Dans un contexte de marasme économique, cette reprise d’activité sonne comme un test de résilience pour le groupe. Reste à savoir si ce « come-back » commercial saura s’affranchir des pesanteurs politiques qui ont si longtemps marqué ce site emblématique. Pour l’heure, les Tananariviens, eux, scrutent surtout les étals, espérant que cette réouverture rimera enfin avec une baisse des prix.
Julien R.


