Le projet Volobe Amont se rapproche d’une phase décisive, avec la promesse d’une électricité propre à coût soutenable, selon la présentation faite par la CGHV hier, aux médias.
Le projet hydroélectrique de Volobe Amont entre dans une phase décisive. Lors d’une conférence de presse tenue hier à Andraharo, la Compagnie Générale d’Hydroélectricité de Volobe (CGHV) a dressé un bilan 2025 marqué par des avancées techniques, sociales, environnementales et partenariales, tout en affichant l’ambition d’ouvrir bientôt la séquence des travaux. Pour ses promoteurs, il s’agit d’un projet stratégique, appelé à devenir le premier grand barrage développé avec l’État malagasy depuis Andekaleka, il y a 45 ans. Dans sa présentation, le DG de la CGHV, Rémy Huber, a mis en avant la progression du dossier sur plusieurs fronts. Sur le plan technique, l’entreprise évoque une optimisation de l’avant-projet détaillé, la maintenance des stations hydro-météo, la mise à l’eau d’une nouvelle barge de 30 tonnes, ainsi que la réhabilitation de la piste reliant la RN2 à Fanandrana. La phase de préqualification des entreprises et la préparation des appels d’offres figurent également parmi les jalons déjà engagés. Le volet socio-environnemental avance lui aussi, selon la CGHV, avec la mise en œuvre des plans de gestion environnementale validés, le processus de réinstallation, les études complémentaires sur le changement climatique, le débit écologique ou encore la biodiversité, sans oublier le déploiement d’un mécanisme de gestion des griefs. L’entreprise insiste aussi sur son ancrage local, en rappelant ses actions partenariales et sociales. La présentation fait état de plus de 5 000 visiteurs dans le cadre de ses activités d’information, de 298 lauréats, de 49 établissements équipés, de trois grands événements, ainsi que de plus de 100 emplois indirects locaux, avec une attention particulière portée aux femmes et aux jeunes.
Travaux attendus
Au-delà du bilan, le message central se veut résolument tourné vers le démarrage. La CGHV affirme être « à deux pas de la porte » du lancement des travaux. Pour 2026, les perspectives annoncées portent sur la clôture financière, la sécurisation du financement, l’obtention des permis et autorisations, la finalisation des jalons techniques et documentaires, ainsi que le démarrage des travaux de route au second semestre. Reste la question sensible du prix du kilowattheure, soulevée récemment à Toamasina par le président de la Refondation de la République, qui a rappelé qu’un tarif trop élevé ne serait pas supportable pour les ménages malgaches. La CGHV reconnaît que ce prix n’est pas encore arrêté. Selon les explications, il dépendra notamment du coût global des financements, des travaux, du volume d’électricité acheté et de la durée de concession. Depuis février, un comité technique piloté par le MEH et le MEF travaille justement sur l’optimisation de la viabilité financière. Parmi les pistes étudiées figurent le financement public de la route de 45 km, notamment avec l’appui de la Banque mondiale, ainsi qu’une hausse des dons. L’objectif affiché reste clair : aboutir à une électricité propre, durable et compétitive, attendue par les Tamataviens, les investisseurs et l’ensemble du pays.
Antsa R.




