Fianarantsoa. Le nom de ce chef-lieu de Faritany signifie mot à mot là où « on apprend le bien ». Son anagramme parle d’elle-même, comme les Betsileo qui n’ont pas la langue – au propre comme au figuré – dans la poche. Ni sous le chapeau aux bords ronds qui est devenu la marque de fabrique de la GEN Z.
« Soa Fianatsa »
Le déplacement, ce jour, du numéro Un du Fanavaozana est précédé de beaucoup de tam-tam dans les médias et sur les réseaux sociaux, où l’on appelle la population à venir honorer de sa présence la descente du colonel au béret vert à Fianarantsoa. Ce qui n’est pas sans rappeler le style de son prédécesseur, dont les tournées en province se faisaient avec… cent tambours et trompettes. Ceux des artistes payés aux frais de la princesse, c’est-à-dire par les contribuables. Un « werawera pro max » d’un passé décomposé qui est en passe d’être conjugué au présent dans la capitale du Betsileo, dont la devise est « Soa Fianatsa ». Littéralement, « le bien s’apprend ». Même si le bruit ne fait pas de bien, tout comme le bien ne fait pas de bruit, la tournée du nouvel homme fort se fait à grand renfort d’artistes locaux et d’artistes emmenés spécialement de Tana. Sont aussi au programme des inaugurations de « zava-bita », dont certaines ont été entamées sous le précédent régime, quoique l’on ait pris soin de faire une opération de ravalement qui consiste à recouvrir l’ancienne couleur orange d’une épaisse couche de peinture supposée neutre. C’est à l’image des ex-députés IRMAR qui vont arborer, pour l’occasion, leurs écharpes tricolores mais non plus leurs cravates « volomboasary », tout en applaudissant à tout rompre et en reprenant, telle une récitation, les « merci Président ». Celui de la Refondation s’entend.
R.O


