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mardi, septembre 29, 2026
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Santé publique : Un système en attente de refondation

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, portée le 7 avril par l’Organisation mondiale de la santé, une question revient chaque année : la santé est-elle réellement une priorité politique, ou simplement un impératif rhétorique sans traduction budgétaire à la hauteur des enjeux ?

Le système de santé malgache n’est pas en crise par ignorance. En effet, tous les signaux d’alerte sont connus et souvent décriés par les parties prenantes. En tête de liste vient le sous-financement chronique, où le budget alloué à ce secteur est plafonné autour de 5 % du PIB, ce qui démontre un contexte de faibles ressources globales. Infrastructures dégradées, pénuries et manques d’équipements, ou encore dépendance structurelle aux financements extérieurs : autant de défis qui ne relèvent pas de l’imprévu et qui attendent d’être relevés.

Fragile. La fuite des médecins spécialistes, souvent présentée comme une fatalité liée à la mondialisation, révèle en réalité un manque cruel d’investissements pour retenir les compétences locales. Plus préoccupant encore, le système tient grâce à ses maillons les plus précaires tels que les internes (agents sous-payés ou payés en retard, qui brandissent souvent des menaces de grève pour toucher leur paie), transformés en variable d’ajustement silencieuse. Ce déséquilibre n’est toutefois pas accidentel et ne date pas d’aujourd’hui. Il est plutôt le produit d’une gouvernance qui a longtemps accepté la dégradation comme norme de fonctionnement. Dans ce contexte, l’aide des partenaires techniques et financiers agit comme un amortisseur… mais aussi comme un alibi. Elle permet au système de subsister sans contraindre à une refondation structurelle, entretenant une dépendance qui dilue la responsabilité politique.

Opportun. La véritable mesure de la volonté politique ne se lit ni dans les discours, ni dans les événements symboliques, mais dans l’allocation des ressources. Rompre avec la trajectoire actuelle de la santé publique exigerait des choix clairs et coûteux pour le pays. Revaloriser massivement les ressources humaines, investir dans les plateaux techniques, sécuriser les financements domestiques et réduire la dépendance externe sont des recommandations avancées depuis des années déjà. Celles-ci invitent les gouvernants à « déplacer la santé du registre social vers celui de l’investissement stratégique ». Ce qui suppose d’assumer un coût politique immédiat au profit d’un bénéfice collectif différé. Un pari que les gouvernances successives ont jusqu’ici évité. Les autorités de la refondation relèveraient-elles ce défi ? À suivre.

Jose Belalahy

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