
Dans le cadre de la transformation des systèmes alimentaires à Madagascar, une feuille de route nationale est mise en œuvre sur une période de 2022-2030.
L’objectif consiste à renforcer la souveraineté alimentaire tout en améliorant durablement les revenus des ménages agricoles. À cet effet, les paysans producteurs sont placés au cœur des priorités en tant qu’acteurs clés du développement pour y parvenir, étant donné qu’ils constituent les principaux fournisseurs de nourriture à toute la population en approvisionnant régulièrement les marchés locaux. De nombreuses réalisations ont été enregistrées depuis la mise en œuvre de cette feuille de route nationale, selon le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage.
Innovations technologiques agricoles
À titre d’indication, quatre banques alimentaires sont mises en place dans le Sud afin de constituer des stocks de réserves de nourriture et de semences, pour permettre aux producteurs d’être résilients face aux effets néfastes du changement climatique, notamment la sécheresse. Cette initiative contribue également au développement de l’économie locale, puisque des achats locaux de surplus de production seront privilégiés pour approvisionner ces banques alimentaires. En outre, plus de 300 jeunes entrepreneurs agricoles ont été accompagnés. Ils s’engagent à promouvoir une agriculture orientée vers les marchés en développant des innovations technologiques agricoles, pour ne citer que l’installation de systèmes de pompage solaire et de goutte-à-goutte, pour une irrigation intelligente des cultures. Des applications mobiles sont également utilisées pour permettre à ces entrepreneurs ruraux de suivre les prévisions météorologiques et l’évolution des prix des produits agricoles sur le marché.
Formation de 50 000 producteurs
Dans la même foulée, le renforcement du capital humain au niveau du secteur agricole s’accélère. La preuve : près de 50 000 producteurs ont déjà ainsi bénéficié de formations en techniques de production plus appropriées, tandis que 14 000 jeunes sont formés aux métiers agricoles. Sur le terrain, près de 2 000 ha sont cultivés selon les techniques agroécologiques. Le ministère de tutelle a ensuite distribué des intrants agricoles, dont, entre autres, 130 tonnes de semences de maïs et 230 000 sachets de semences d’arachides, au profit des agriculteurs formés, pour développer des filières porteuses à forte valeur ajoutée. Ce département ministériel a également contribué à la protection de plus de 66 000 hectares de bassins versants, ainsi qu’à l’aménagement ou à la réhabilitation de plus de 43 500 ha de périmètres irrigués. En amont, un reboisement sur 440 hectares a été réalisé en vue de préserver l’environnement, plus particulièrement les sources hydriques indispensables à l’irrigation de l’agriculture et à la consommation d’eau potable des populations.
570 000 certificats fonciers délivrés
À part cela, la sécurisation foncière constitue une garantie permettant aux entrepreneurs agricoles et aux paysans producteurs de développer leurs activités. Raison pour laquelle la délivrance de 570 000 certificats fonciers a été effectuée, toujours dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route nationale sur la transformation des systèmes alimentaires à Madagascar. Cette sécurisation foncière permettra également à ces acteurs du développement de réinvestir sereinement dans le secteur agricole afin de booster leur production. Il est à noter que ces paysans producteurs ont bénéficié, tout récemment, d’un renforcement des capacités sur les liens entre la production agricole, la souveraineté alimentaire, l’accès au marché et la préservation de la biodiversité, notamment des sols et des ressources en eau, ainsi que la sécurisation foncière.
D’autres réalisations, dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route nationale sur la transformation des systèmes alimentaires, sont par ailleurs avancées. À titre d’illustration, un plaidoyer auprès des acteurs clés des systèmes alimentaires, notamment les partenaires techniques et financiers, a été effectué pour s’appuyer sur une coopération internationale solide. Outre la consolidation du task force des systèmes alimentaires, le développement de systèmes numériques de suivi-évaluation des réalisations liées à la feuille de route est également lancé. Et enfin, des projets stratégiques en collaboration avec les partenaires techniques et financiers sont développés, a-t-on conclu.
Navalona R.




