Ouf de soulagement pour les automobilistes. Alors que l’on attendait une forte hausse des prix à la pompe, c’était le statu quo sur les grandes affiches des stations-service. 4 900 ariary le litre d’essence, 4 660 ariary le gasoil et 3 510 ariary le pétrole lampant. Les prix sont restés à leur niveau du mois de mars.
Frein à l’inflation ou retour à l’injustice
Au grand bonheur des consommateurs, dont le pouvoir d’achat sera momentanément préservé. Si l’État n’a pas encore précisé qu’il s’agit effectivement d’un plafonnement des prix, la mesure est saluée par la majorité des utilisateurs, puisque ce statu quo témoigne d’un choix fort de l’exécutif : celui de protéger les consommateurs face à une hausse qui aurait dû s’imposer par le mécanisme d’ajustement automatique des prix à la pompe. En effet, dans un contexte marqué par la fragilité du pouvoir d’achat, la décision des autorités apparaît, à première vue, comme un soulagement pour les ménages. Une hausse des prix à la pompe aurait immédiatement impacté les coûts de transport, et, par ricochet, les prix des produits de première nécessité. Ce plafonnement fait ainsi office de frein à l’inflation. Du moins momentanément, puisque derrière cette stabilité apparente se cache une réalité plus complexe. En empêchant les prix de refléter les coûts réels du marché international, l’État se retrouve contraint de compenser. Il s’agit, en somme, d’un retour indirect aux subventions des carburants, dont le propre est de faire supporter la différence entre le prix réel et le prix affiché par les finances publiques. Un système jugé injuste pour une écrasante majorité des contribuables qui n’utilisent pas directement de carburant, mais qui doivent quand même payer pour la subvention. Par ailleurs, la subvention est appelée à augmenter le déficit budgétaire, lequel pourrait compliquer les relations avec les partenaires financiers, dont le FMI, qui travaille actuellement avec les autorités sur le déblocage de la troisième tranche de la Facilité élargie de crédit (FEC), conditionnée justement par l’application de l’ajustement automatique des prix. Un système convenu que le régime de transition entend peut-être remettre en cause.
R.Edmond.



