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mardi, septembre 29, 2026
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Dr Marie Véronique Faratiana : « Le Festival des 23 régions pour valoriser l’identité nationale dans le respect de la diversité »

Face à un secteur du tourisme en crise, mal structuré, concentré sur quelques sites et peu profitable aux populations locales, le Dr Marie Véronique Faratiana, socio-anthropologue et experte en diplomatie académique, propose le Festival des 23 régions. Un projet qui représente bien plus qu’un événement culturel et qui relève d’un choix politique capable de relancer le secteur, de créer des emplois et de renforcer la cohésion nationale. Interview.

Midi Madagasikara (MM) : Pourriez-vous nous donner votre point de vue sur l’état actuel du secteur touristique à Madagascar ?

Dr Marie Véronique Faratiana (MF) : Le tourisme malagasy est aujourd’hui confronté à de sérieuses difficultés. Il est trop concentré sur certains sites emblématiques, mal structuré et manque d’une vision globale. Cette situation fait que les bénéfices du secteur ne profitent ni aux territoires ni à la majorité des citoyens. On entend beaucoup de discours, mais sur le terrain, les changements réels restent très limités. Il est donc crucial de repenser le secteur de manière structurée et ambitieuse.

MM : Dans ce contexte, vous proposez le Festival des 23 régions. Pourquoi le considérer comme un projet politique et pas simplement culturel ?

MF : Ce festival dépasse largement l’idée d’un événement festif. C’est une décision qui peut transformer en profondeur le tourisme malagasy et recréer du lien entre les Malgaches. Madagascar est aujourd’hui fragmenté : chaque région fonctionne presque isolément, les richesses culturelles restent invisibles, et le sentiment d’appartenance nationale s’érode. Le festival vise donc à rassembler, à créer des ponts entre les régions et à valoriser nos identités locales dans un projet commun.

MM : Concrètement, comment ce festival peut-il rassembler les régions et favoriser la cohésion nationale ?

MF : L’idée est simple, mais puissante. Chaque région devient à tour de rôle une scène nationale et internationale où se rencontrent cultures, savoir-faire, traditions et innovations. Danses, musiques, sports, gastronomie, artisanat… tout ce qui constitue l’identité vivante de Madagascar est mis en lumière. Le festival crée ainsi des échanges, des flux et une fierté collective qui rapprochent les citoyens.

MM : Quels bénéfices économiques ce projet pourrait-il générer pour les populations locales ?

MF : Derrière ce festival, il y a des emplois, des revenus et des opportunités qui vont se créer pour les jeunes, les femmes et tous les acteurs locaux. Plutôt que de concentrer les bénéfices sur quelques zones touristiques, ce projet permettrait de les redistribuer de manière plus équitable et de créer un véritable impact économique sur l’ensemble du territoire.

MM : Qu’est-ce qui est indispensable pour que le festival réussisse ?

MF : La réussite d’un tel projet repose sur la volonté politique. Ce n’est pas un événement ponctuel destiné à la communication, ni une vitrine vide. Il faut une politique assumée, financée et organisée, capable de mettre en œuvre le festival sur le long terme et d’en faire un pilier du tourisme malagasy.

MM : Peut-on dire que ce festival a aussi une dimension sociale et identitaire ?

MF : Absolument. Au-delà du tourisme et de l’économie, le Festival des 23 régions peut devenir un outil de cohésion nationale. Il contribue à renforcer le sentiment d’appartenance, à montrer que Madagascar est riche, diversifié et uni dans sa diversité. C’est un projet culturel, économique, social et politique.

MM : Pour conclure, quel message souhaitez-vous transmettre aux décideurs et aux citoyens ?

MF : Le temps des hésitations est terminé. Il faut faire un choix clair : continuer à gérer le tourisme à la marge, ou en faire enfin un projet politique central. Le Festival des 23 régions est une occasion unique de refonder Madagascar, de valoriser nos territoires et nos cultures, et de créer de la prospérité partagée. Le moment d’agir est maintenant.

Recueillis par José Belalahy

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