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dimanche, septembre 27, 2026
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Antoine Rajerison : Appel à un sursaut de souveraineté

« Nous avons le pétrole, nous avons les terres, nous avons des producteurs prêts à l’effort. Le problème est politique », lance le député d’Arivonimamo, Antoine Rajerison.

Moins de 24 heures après la décision du Conseil des ministres de décréter l’« état d’urgence énergétique », le député d’Arivonimamo, Antoine Rajerison, s’est exprimé. Face à l’instabilité au Proche et Moyen-Orient, l’élu tire la sonnette d’alarme sur la vulnérabilité chronique de la Grande île et appelle à un véritable sursaut de souveraineté.

L’actualité internationale s’invite violemment dans le quotidien des Malgaches. Alors que le gouvernement vient de placer le curseur au niveau « urgence » pour sécuriser les approvisionnements énergétiques du pays, les voix s’élèvent pour dénoncer une gestion à courte vue. Pour Antoine Rajerison, député d’Arivonimamo, le constat est sans appel : notre nation est en danger, non pas par manque de ressources, mais par excès de dépendance.

Double peine. L’instabilité au Proche et Moyen-Orient n’est pas qu’un lointain conflit géopolitique. Pour le parlementaire, c’est une menace directe sur le panier de la ménagère. « Si les dirigeants ne prennent pas de décisions fermes dès maintenant, nous risquons de sombrer dans une crise profonde », prévient-il. Au-delà du carburant, ce sont les produits de première nécessité (PPN) et la sécurité alimentaire globale qui sont dans l’œil du cyclone. Le diagnostic du député est implacable : Madagascar subit une double peine. Si les cours mondiaux du riz flambent, la population ne peut plus suivre. S’ils chutent, ce sont nos paysans qui sont sacrifiés sur l’autel de la compétitivité importée. « Nous sommes trop vulnérables à cause de cette addiction aux importations », martèle-t-il, soulignant l’absurdité d’un système qui privilégie le « tout-importé » au détriment du « produit local ».

Patrimoine passif

Le fer de lance de l’argumentation d’Antoine Rajerison repose sur le potentiel énergétique inexploité du pays. Mentionnant explicitement les sites de Bemolanga et Tsimiroro, l’élu s’insurge contre le fait que ces gisements restent au stade de simples « pièces de musée » ou de patrimoine passif. « Nous avons le pétrole, nous avons les terres, nous avons des producteurs prêts à l’effort. Le problème est politique », lance-t-il. Pour lui, l’absence d’une stratégie claire pour l’extraction et la commercialisation locale des ressources nationales condamne Madagascar à subir les soubresauts du marché mondial.

Vision à long terme

our sortir de l’ornière, le député d’Arivonimamo propose une thérapie de choc en trois points : promotion agressive de la production locale, soutien indéfectible à l’industrie malgache, et exploitation transparente des ressources minières et pétrolières. L’article de la Constitution ou les décrets d’urgence ne suffiront pas, selon lui, s’ils ne sont pas accompagnés d’une véritable vision à long terme. Sa conclusion sonne comme un défi lancé à l’Exécutif : « Si nous produisons, nous pourrons rester debout. Sinon, nous resterons vulnérables à jamais. Où est notre volonté politique ? » À l’heure où les factures d’électricité et le prix du litre à la pompe étouffent les foyers, la sortie médiatique d’Antoine Rajerison remet au centre du débat la question de la souveraineté économique. Reste à savoir si cet énième cri du cœur trouvera un écho dans les couloirs des ministères.

Julien R.

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