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dimanche, septembre 27, 2026
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Ministère des affaires étrangères : Valse diplomatique à Anosy

: L’ambassadrice coréenne Park Ji-hyun avec la ministre des Affaires étrangères Alice N’Diaye.

Rarement le ministère des Affaires étrangères aura connu une telle effervescence. Entre le 3 et le 7 avril 2026, la nouvelle cheffe de la diplomatie, Alice N’Diaye, a multiplié les audiences avec des représentants de premier plan : Guinée, Suisse, Corée du Sud, Maroc, France, Russie, Union africaine. Une succession de rencontres au rythme soutenu qui laisse entendre une volonté d’amplifier la résonance du régime de refondation. Mardi 7 avril, la rencontre avec Moriba Koné, ambassadeur désigné de la République de Guinée, a permis d’aborder des réalités africaines. Les deux pays, confrontés à des réalités politiques comparables, ont affiché une convergence de vues sur les conditions d’un développement partagé. Au-delà du discours, Antananarivo et Conakry veulent passer à l’action. L’établissement officiel de relations diplomatiques et la signature d’accords bilatéraux sont désormais clairement envisagés, selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Dans la foulée, la Suisse réaffirme son rôle de partenaire engagé. L’ambassadeur Stefano Toscano a mis l’accent sur la consolidation et la diversification de la coopération bilatérale. Renforcement des capacités institutionnelles, appui aux initiatives locales, promotion des investissements : ces sujets ont été abordés. Au-delà des projets, les deux parties ont réitéré leur attachement au multilatéralisme, selon le ministère des Affaires étrangères, dans un contexte international marqué par des recompositions géopolitiques. La Corée du Sud, quant à elle, confirme la solidité d’un partenariat déjà bien ancré. Reçue en audience, toujours le 7 avril dernier, l’ambassadrice Park Ji-hyun a salué l’excellence des relations entre les deux pays, fondées sur le respect mutuel et la solidarité. Les discussions ont ciblé des secteurs stratégiques pour Madagascar, notamment l’agriculture, l’énergie, les infrastructures et le développement des capacités humaines, selon les informations officielles. Autant de domaines où Séoul dispose d’une expertise reconnue et où Antananarivo cherche à accélérer sa transformation.

Soutien du Maroc

Mais c’est sans doute avec le Maroc que la dimension politique s’est exprimée avec le plus de clarté. Selon le ministère des Affaires étrangères, l’ambassadeur Mohammed Benjilany a rappelé la profondeur des liens historiques entre les deux nations, tout en insistant sur la nécessité de renforcer une coopération de proximité, basée sur le partage d’expertise. Les projets sociaux et sanitaires ont occupé une place centrale dans les échanges, affirme-t-on, notamment les infrastructures hospitalières et de formation soutenues par Rabat à Antsirabe. Au-delà de la coopération sectorielle, le Maroc a surtout affiché un soutien diplomatique explicite. Membre influent du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, le Royaume se dit prêt à accompagner Madagascar dans ses défis actuels et à faciliter le dialogue en vue d’une levée de suspension au sein des instances de l’organisation continentale. Un signal politique fort dans un contexte où la réintégration pleine et entière de Madagascar dans les mécanismes africains demeure un enjeu majeur.

Cette dynamique ne s’est pas construite en un jour. Dès le 3 avril, les grandes puissances partenaires avaient déjà amorcé le mouvement. Leurs représentants ont rencontré la ministre des Affaires étrangères. La France, par la voix de son ambassadeur Arnaud Guillois, a procédé à un bilan de la coopération bilatérale. Une relation dense, historique, mais en constante évolution. Les discussions avec Alice N’Diaye ont permis d’identifier de nouvelles perspectives dans des secteurs jugés prioritaires pour le développement malgache. La Russie, de son côté, joue la carte de la continuité stratégique. Le chargé d’affaires Alexeï Buriak a rappelé les fondements d’une relation établie depuis 1972. Les échanges ont porté sur des secteurs clés, notamment l’énergie, l’agriculture, l’éducation, les infrastructures. Selon le ministère des Affaires étrangères, un accent particulier a été mis sur la mise en œuvre des projets issus de la reconversion de la dette au service du développement de Madagascar, un mécanisme à fort potentiel. Sur le plan international, Antananarivo et Moscou ont réaffirmé leur convergence sur les principes de souveraineté, de respect du droit international et d’équilibre entre les nations, notamment au sein des Nations unies. L’Union africaine s’inscrit en toile de fond de cette intense activité diplomatique. La réception du nouveau chef du bureau de liaison, Bongro Zéphirin Dibi, intervient dans un contexte où les relations entre Madagascar et l’organisation continentale restent sensibles. Le dialogue est relancé, avec en ligne de mire un retour pleinement actif de la Grande Île dans les instances africaines.

Rija R.

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