Le FMI (Fonds monétaire international) prévoit de débloquer 183 millions de DTS au cours du second semestre de cette année, si Madagascar réussit à respecter les conditionnalités convenues dans le cadre du FEC et du FRD.
Madagascar franchit une nouvelle étape dans la mise en œuvre de son programme économique avec le Fonds monétaire international. À l’issue d’un point de presse tenu hier à Antaninarenina, le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) et la délégation du FMI ont présenté les conclusions des 3e et 4e revues de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), deux instruments appelés à soutenir à la fois la stabilité économique, la reprise et la capacité du pays à faire face aux crises. Selon le chef de mission du FMI, l’exécution du programme en 2025 n’a pas été sans difficultés. Les recettes fiscales sont restées en deçà des objectifs convenus, tandis que des retards ont été enregistrés dans la mise en œuvre des investissements publics, en particulier dans des secteurs jugés essentiels comme l’eau et l’électricité. Malgré ce contexte contraint, le gouvernement est parvenu à maintenir le déficit dans le cadre prévu, tout en assurant la continuité des services publics et des projets prioritaires. La situation s’est nettement améliorée durant les deux derniers mois de 2025, et cela se poursuit en 2026, selon le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Ramiarison.
Terrain d’entente
Selon le MEF, les avancées encourageantes constatées depuis fin 2025 devraient se poursuivre en 2026, avec un effort renforcé sur l’exécution des investissements et la mobilisation des recettes. Cette trajectoire intervient dans un environnement particulièrement tendu. Madagascar doit en effet absorber des chocs extérieurs, marqués par les tensions internationales et la hausse des prix mondiaux de l’énergie, mais aussi des chocs internes liés notamment aux cyclones et autres catastrophes naturelles. Face à cette double pression, le gouvernement dit rechercher des réponses équilibrées afin de répartir les efforts entre les différentes parties prenantes, sans faire peser l’ajustement sur les seuls ménages. Pour les prochains mois, l’accent sera mis sur une meilleure efficacité de la dépense publique, l’accélération des investissements et l’utilisation des marges offertes par les programmes FEC et FRD. L’objectif affiché est clair : soutenir la relance économique, préserver les services essentiels et renforcer les initiatives liées à la résilience climatique. Dans cette perspective, le FMI prévoit de débloquer cette année 183 millions de DTS, sous réserve de l’approbation de son Conseil d’administration et du respect des engagements pris par l’État malgache. Une enveloppe qui pourrait offrir au pays un appui concret pour financer ses priorités et consolider une relance plus résiliente.
Antsa R.


