La boucle est bouclée pour la mission du FMI sur les troisième et quatrième examens combinés des accords relatifs à la Facilité de crédit élargie (FEC) et à la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). La perspective qui se dessine est plutôt bonne : celle d’un décaissement d’environ 183 millions de dollars, sous réserve d’approbation finale par le Conseil d’administration du Fonds.
Entre soutien financier et pression populaire
Perçu comme un signal positif, cette annonce est aussi synonyme d’exigences à satisfaire par la partie malgache, avec ce que cela suppose d’enjeux sociaux majeurs. Tout d’abord, l’éventuel décaissement constitue un apport non négligeable pour les finances publiques malgaches. Il permettra de soutenir le budget déjà limité de l’État, de renforcer la stabilité macroéconomique et de poursuivre certaines réformes structurelles jugées nécessaires. Dans un contexte marqué par des vulnérabilités économiques persistantes et des défis climatiques croissants, ces financements représentent une bouffée d’oxygène pour l’économie et sont considérés comme une forme de confiance du FMI dans les orientations économiques engagées par les autorités. Mais le revers de la médaille se trouve plutôt au niveau des mesures que l’État malgache doit prendre pour la concrétisation du décaissement. Des mesures pas forcément populaires puisque, comme toujours, le FMI insiste, par exemple, sur le principe de l’ajustement automatique des prix à la pompe pour supprimer définitivement les subventions liées aux carburants. Destinée à rationaliser les dépenses publiques, la suspension des subventions implique malheureusement des impacts négatifs sur le plan social, en raison de l’effet domino que provoquera la hausse des prix des carburants. Raison pour laquelle, d’ailleurs, le FMI suggère des mesures compensatoires bien ciblées, pour protéger les populations les plus vulnérables contre les effets négatifs des réformes. En somme, les autorités sont obligées de jongler entre soutien financier et pression sociale, dans un contexte socio-politique où le régime de refondation perd de plus en plus en crédibilité.
R.Edmond.



