Le décor feutré du CEO Summit Indian Ocean, carrefour des décideurs économiques à Ivandry, a servi de cadre, hier, à une mise au point politique de haute importance. En marge de l’ouverture officielle de l’événement, le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République, a tenu à expliciter les tenants et les aboutissants de la décision prise lors du Conseil des ministres spécial de mardi dernier.
Intervention étatique
L’annonce de l’« état d’urgence énergétique » a, certes, fait couler beaucoup d’encre, mais Michaël Randrianirina se veut rassurant, tout en étant pragmatique. « Cette décision a été rendue nécessaire afin de pouvoir maîtriser les prix des carburants et d’assurer la stabilité de l’approvisionnement pour la population », a-t-il déclaré d’emblée. Pour lui, le calcul est simple : sans cette intervention étatique forte, le marché subirait des chocs frontaux qui se répercuteraient directement sur le panier de la ménagère et la fluidité des activités économiques. « Autrement, il y aurait des perturbations majeures dans la vie quotidienne des Malgaches », a-t-il prévenu.
Bouclier énergétique
En effet, face à la flambée du brut frôlant les 115 dollars, l’État sort l’artillerie lourde. Le colonel, gardien de la Refondation, a décrété l’état d’urgence pour contrer, selon ses explications, une « vérité des prix » jugée insupportable pour le panier de la ménagère. Ce bouclier énergétique, initialement prévu pour 15 jours, joue la carte de la flexibilité : « Nous agirons contre toute pénurie ou hausse de tarifs », a-t-il martelé. Entre avertissement ferme aux spéculateurs et protection sociale, l’Exécutif se donne les coudées franches pour intervenir sur la chaîne de distribution. Alors que l’énergie cristallise les tensions, le régime rassure : l’État veille au grain et ne compte pas lâcher du lest face à la crise mondiale.
Julien R.


