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jeudi, septembre 17, 2026
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Ordre des Journalistes de Madagascar : « Election sans base légale » du représentant au sein de la CENI

Un « forcing » qui risque de porter atteinte à la légitimité et à la crédibilité de l’institution en charge de l’organisation des élections devant conduire le pays vers la Ve République.

Sauf changement de dernière minute, l’élection du représentant des journalistes au sein de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) devrait avoir lieu ce jour. Alors que le scrutin n’a même pas commencé, l’élection fait déjà l’objet de contestations dans le monde de la presse malgache. Pour cause, le CT OJM, une structure mise en place pour assurer l’intérim de l’Ordre des Journalistes de Madagascar (OJM) depuis la fin du mandat de l’équipe sortante, a décidé, de manière unilatérale, de désigner des grands électeurs pour élire la personne qui siégera à Alarobia en tant que représentant du corps des journalistes. Aussi, 41 personnes sont autorisées à participer au vote ce jour. Ces 41 grands électeurs remplaceront donc les plus de 2 000 journalistes existant sur toute l’étendue du territoire de la République de Madagascar. Et le pire dans l’histoire, c’est que les organisateurs de cette mascarade de scrutin ont initié le vote par SMS, qui n’est prévu nulle part par aucun texte juridique. Une grande première dans l’histoire des élections à Madagascar. Nul n’ignore qu’avec l’évolution de la technologie, c’est facilement manipulable et cela ne pourrait que favoriser davantage les problèmes de transparence et le manque de confiance à propos de cette élection, dont la tenue fait déjà débat. Même le ministère de la Communication et de la Culture, par l’intermédiaire du DGCOM, Mahefa Rakotomalala, se dit surpris par cette élection qui semble avoir été organisée en catimini.

Scandale

Sur les réseaux sociaux, les membres de la presse sont montés au créneau pour crier au scandale. Pour sa part, l’actuel directeur de la Communication de la Présidence de la Refondation de la République de Madagascar, Harry Laurent Rahajason, a réagi en dénonçant « une élection organisée sans base légale ». En effet, Rolly Mercia, ancien journaliste et non moins ancien patron de presse, remet en cause l’initiative du CT OJM. « Seul l’OJM est habilité à organiser l’élection du représentant des journalistes à la CENI. Il n’existe aucun texte autorisant le CT OJM à remplacer l’OJM », a-t-il soutenu. Il pointe aussi du doigt l’idée de limiter le vote à 41 grands électeurs. En tout cas, bon nombre de journalistes estiment que l’élection prévue pour se dérouler ce jour est nulle et non avenue. Mais, pour sa part, le CT OJM persiste et signe et refuse de faire machine arrière malgré les contestations. À l’allure où vont les choses, un remake de ce qui s’est passé en 2023 n’est pas à écarter. À l’époque, il a fallu organiser une deuxième élection, car les autorités n’ont pas pris en considération les résultats du premier scrutin, entaché de calculs politiques. Selon les observateurs, ce forcing du CT OJM constitue un grand danger pour le régime de refondation. Particulièrement en cette période où les GEN Z, ainsi que d’autres acteurs politiques ayant participé au tolona, réclament la dissolution des institutions en place, dont la CENI. Nul n’ignore, en effet, que si l’élection d’un membre de la CENI est contestée, cela pourrait ruiner la crédibilité et la légitimité de cette institution. Histoire à suivre.

Davis R

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