
De nouvelles offres sont proposées sur le marché par certaines banques, notamment celles récemment implantées à Madagascar. Innovation, spécialisation sectorielle et offres ciblées figurent parmi les stratégies déployées pour gagner des parts de marché.
Le secteur bancaire connaît ainsi une nouvelle dynamique avec l’arrivée d’établissements financiers qui cherchent à sortir des sentiers battus dans un marché petit mais très concurrentiel.
Rachat de créances
Ces nouveaux acteurs n’hésitent pas à prendre plus de risques et proposent des offres inédites, du moins pour le marché local, afin de répondre aux besoins spécifiques de certains segments économiques. Le rachat de créances publiques en est certainement la meilleure illustration, notamment à travers deux opérations distinctes. D’abord avec la CNAPS, afin d’aider les sociétés privées à s’acquitter de leurs obligations patronales en matière de prévoyance sociale, mais aussi, avec une envergure encore plus importante, dans le cadre de la gestion de la dette colossale de la Jirama. Cette dernière opération portait sur la somme importante d’environ 450 milliards d’ariary. C’est bien la première fois qu’une opération de ce genre et de cette taille est effectuée à Madagascar. Ce dispositif vise notamment à renforcer la trésorerie des entreprises, à préserver la continuité de leurs activités et à limiter les impacts des délais de paiement de la commande publique. Selon un professionnel, ce type d’instrument financier contribue également à stabiliser certains secteurs d’activités dépendant fortement des marchés publics.
Facilité de trésorerie
Certaines banques misent également sur une approche par secteurs d’activités, choisissant de soutenir ceux à fort potentiel de croissance et de développement. Tout récemment, ces mêmes banques ont ouvert des lignes de crédit et apportent des solutions d’accompagnement spécifiques à des entreprises prestataires dans l’industrie minière et à de jeunes pharmaciens. Depuis presque une décennie, les établissements bancaires ont offert des facilités de trésorerie aux grosses compagnies d’exploitation minière de la place. Constatant que les nombreux prestataires de ces compagnies minières ne bénéficient pas d’une offre sectorielle, certaines banques ont saisi l’opportunité de proposer des produits financiers adaptés à leurs besoins. Par ailleurs, de telles offres sont aussi proposées aux jeunes professionnels de la pharmacie, notamment à travers des solutions de financement facilitant l’installation de jeunes pharmaciens et soutenant l’entrepreneuriat dans le secteur de la santé. Les difficultés des jeunes diplômés à ouvrir leurs propres officines sont souvent considérées comme insurmontables. Pour les observateurs, l’irruption de nouveaux acteurs pourrait contribuer à dynamiser la concurrence bancaire et à favoriser l’émergence de solutions financières mieux adaptées aux réalités du marché. À terme, cette évolution pourrait renforcer encore davantage le rôle du secteur bancaire dans le financement de l’économie et l’accompagnement des entreprises.
R.Edmond.




