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jeudi, septembre 10, 2026
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Infrastructures sportives : Arrêt des travaux pour 17 ouvrages malgré un paiement de 106 milliards Ar

Les travaux de construction des gymnases installés à Ihosy et Farafangana sont suspendus.

Le ministère de la Jeunesse et des Sports a lancé un grand projet de construction de 20 infrastructures sportives au niveau national depuis 2019. 

Il s’agit de la création de 15 gymnases de 1 000 places, 3 gymnases de 4 000 places et 2 piscines olympiques. Les travaux de construction étaient évalués initialement à plus de 150 milliards Ar, dont 130 milliards Ar pour les gymnases et 20 milliards Ar pour les piscines. Les marchés de construction des gymnases de 4 000 places et des piscines olympiques ont été lancés par appel d’offres ouvert en 2019 et attribués en 2020, tandis que les travaux de construction des gymnases de 1 000 places découlent des marchés subséquents de contrats-cadres par province lancés en juillet 2020. À l’issue d’un audit portant sur la période 2019-2025, la Cour des comptes a mis en évidence une « atteinte systématique à la moralité de la dépense publique ». Le rapport pointe du doigt un défaut flagrant de programmation, des études préalables inexistantes, des modifications substantielles par avenants, ainsi qu’un recours inadapté aux contrats-cadres et un verrouillage des procédures de mise en concurrence.

Coûts supplémentaires

À titre d’illustration, la Cour des comptes révèle que les appels d’offres ont été lancés avant même que les sites d’implantation ne soient identifiés. Les prospections foncières ont été réalisées parallèlement à la passation des marchés, voire après leur signature. Ce n’est pas tout ! Sur les 20 sites prévus, 14 sites ont été changés lors des poses de premières pierres. À Toliara, le site du gymnase de 4 000 places abritait des logements militaires qu’il a fallu démolir. À Mahajanga, le terrain choisi était marécageux avec des remontées de nappes phréatiques, tandis qu’à Toamasina, des contraintes hydrologiques majeures ont surgi. Ces imprévus constituent, selon la Cour, une violation manifeste du Code des marchés publics, car les offres techniques n’étaient pas suffisamment matures au moment de l’attribution. Ces changements de sites ont généré des coûts supplémentaires colossaux. Les avenants aux marchés s’élèvent à 36,4 milliards Ar, soit une hausse de 25,25 % par rapport aux investissements initiaux, dépassant largement les seuils autorisés, a-t-on appris.

Risques géotechniques majeurs

En outre, le recours inadapté au contrat-cadre pour des ouvrages neufs tels que les gymnases de 1 000 places contrevient également au Code des marchés publics, tout en exposant la dépense publique à des surcoûts structurels. Enfin, l’attribution systématique des travaux d’aménagement extérieurs des sites aux mêmes prestataires remet en cause le principe de libre concurrence, d’après le constat de cette institution de contrôle des finances publiques. S’agissant de la construction des 20 infrastructures sportives, seuls le gymnase de 4 000 places à Toamasina et le gymnase de 1 000 places à Betafo ont été inaugurés, tandis qu’un autre gymnase de 4 000 places à Mahajanga est en cours de finition. En revanche, un arrêt des travaux pour les 17 ouvrages restants a été constaté par la Cour des comptes à l’issue d’un audit. Parmi ceux-ci, les travaux de construction de 17 gymnases sont en suspens, tandis que le chantier de création d’un gymnase de 1 000 places à Ampanihy, sur un terrain non stabilisé, est à l’arrêt suite à la résiliation du contrat. Concernant les deux piscines olympiques prévues à installer à Mahajanga et Toliara, les travaux sont également interrompus en raison des risques géotechniques majeurs. En plus, les études géotechniques et topographiques étaient renvoyées aux entrepreneurs et à leurs propres frais.

Échec de gouvernance

La Cour des comptes conclut à un échec de gouvernance, d’autant plus que des paiements à hauteur de 106 milliards Ar ont déjà été effectués, y compris les avenants massifs pour 19 ouvrages, soit un taux de paiement global de 61,1%. Par ailleurs, cette institution a soulevé que le préjudice financier direct s’élève à un minimum de 46,94 milliards Ar, soit 31,2% de l’investissement initial, sans compter les coûts futurs de dégradation des 17 ouvrages inachevés. Elle appelle en conséquence à des réformes urgentes et coordonnées portant sur le Code des marchés publics et la mise en place d’un cadre de gouvernance financière et organisationnelle robuste pour tout projet d’infrastructure.

Navalona R.

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