La (re)fondation de l’état d’urgence énergétique repose sur la loi 91-011 du 18 juillet 1991 relative aux situations d’exception.
Quand l’exception devient la règle
Comme la date de sa promulgation l’indique, la loi en question a été prise en juillet 1991. En pleine grève générale décrétée par les « Hery Velona » aux fins d’ébranler le régime de l’Amiral, qui a voulu mater les manifestations sur la place du 13-Mai, en édictant cette loi liberticide, parce que restreignant les libertés publiques. 35 ans après, on est en droit – au propre comme au figuré – de demander si une telle loi est conforme à l’esprit de la refondation préconisée par le pouvoir issu du mouvement « avelao izahay hiteny ». Ce qui signifie littéralement « laissez-nous parler ». Et ce, au nom des libertés d’opinion et d’expression, de réunion (…) qui sont garanties à tous par la Constitution de la Quatrième, qui reste et demeure en vigueur. En attendant l’adoption par voie référendaire de la future Constitution de la Cinquième République, censée être plus à cheval sur le respect et la protection des libertés et droits fondamentaux. « Zo fototra », pour reprendre la revendication des GEN Z qui ont payé de leur sang, voire de leur vie, les face-à-face avec les forces de l’ordre en septembre – octobre 2025. Six mois après, ils se heurtent à une loi scélérate appartenant à un passé qu’on croyait révolu, mais remise au goût du jour, quand bien même certaines dispositions seraient contraires à la Constitution qui consacre les droits individuels et les libertés fondamentales. Lesquelles « ne peuvent être limitées que par le respect des libertés et droits d’autrui et par l’impératif de sauvegarde de l’ordre public, de la dignité nationale et de la sécurité de l’Etat ». Les régimes qui se sont succédé surfent sur cet impératif d’ordre public et de sécurité – notamment intérieure – de l’Etat pour que la liberté devienne l’exception et non la règle.
R.O


