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lundi, septembre 14, 2026
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Insécurité dans l’Androy : Le calvaire sans fin des habitants de Lapeloha Tsimirimbo

Le village de Lapeloha Tsimirimbo, dans la commune d’Ampamata, est le théâtre d’un cycle de violences qui semble ne jamais finir. Entre vols de bœufs à répétition, assassinats et impunité flagrante, les cris de détresse de la population locale résonnent dans le vide. Tout commence par une « reconnaissance du lieu ». En décembre 2017, un individu est aperçu rôdant de longues heures dans le village de Rehagnirae, chef de fokontany. Quelques heures plus tard, le verdict tombe : 124 bœufs sont emportés par une horde de dahalo. Dans la tourmente, Monja Mandilisoa, fils du chef de village, est froidement abattu à bout portant alors qu’il tentait de protéger son troupeau. Malgré une poursuite des villageois, la puissance de feu des assaillants, armés de fusils de guerre, contraint les victimes au repli.

Rendre justice

Ce qui révolte le plus à Lapeloha Tsimirimbo, c’est le sentiment d’une justice à deux vitesses. Identifié à sa voix durant l’attaque, le suspect est arrêté par les forces de l’ordre, avant d’être relâché sous la protection d’une autorité locale. Un camouflet pour les victimes. Depuis, le cycle infernal s’est accéléré : de nouvelles attaques en juillet et septembre 2022 ont fini de dépouiller les éleveurs. Le comble de l’absurde est atteint lors de l’arrestation de Mosa Manohantsoa. Alors qu’un accord de réconciliation venait d’être signé devant 58 chefs de fokontany, ce fils de victime a été arrêté sur dénonciation des ravisseurs présumés, avant de trouver la mort durant sa détention. Aujourd’hui, l’heure est grave. À l’instar de ce qui se passe à Tanambao Tsirandrangne, les habitants de Lapeloha Tsimirimbo vivent désormais dans la forêt, fuyant leurs habitations par peur des représailles. Face à cette situation de non-droit, les paysans réclament l’installation urgente d’un poste militaire fixe. Excédés, certains villageois commencent à envisager de rendre justice eux-mêmes. Un baril de poudre que l’État ferait mieux de désamorcer avant l’explosion finale.

Julien R.

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