
Ironie du sort pour le leader et trois autres « zoomers », qui sont auditionnés par la Brigade criminelle (BC) à Anosy pour « atteinte à la sûreté de l’État, association de malfaiteurs et trouble à l’ordre public ».
Association mafieuse
De dénonciateurs, ils sont devenus des accusés. Le 10 avril dernier, ils avaient effectivement brandi des banderoles dénonçant certaine « mafia ». Comble de la situation, ils sont poursuivis pour délit d’association mafieuse, dont la qualification légale est « participation à une association de malfaiteurs ». En des termes plus directs, ils sont considérés comme des « malfaiteurs » qui préparaient la perpétration d’un ou plusieurs crimes ou délits. En tout état de cause, la qualification définitive des faits revient à la Justice.
Procédure dérogatoire
Ils, ce sont Herizo et consorts, pour ne pas dire complices. En effet, contrairement à la complicité, l’association de malfaiteurs peut être poursuivie sans que l’infraction projetée ait eu lieu. Dans le cas d’espèce, il faut s’attendre à ce qu’ils soient suspectés, voire accusés, d’être liés à cette histoire – au propre comme au figuré – de drones interceptés par la sécurité du PRRM à la résidence de ce dernier à Ivandry. Ils sont d’ailleurs également poursuivis pour « atteinte à la sûreté (intérieure) de l’État ». Une infraction faisant l’objet d’une procédure dérogatoire en matière de garde à vue, dont la durée est de 15 jours. En somme, ils ne sont pas près de sortir de l’auberge ou plutôt des locaux de la BC à Anosy.
Manifestation du 18 avril
L’association de malfaiteurs et l’atteinte à la sûreté de l’État permettent également de contourner les horaires de droit commun en matière de perquisition. Qui plus est, en cette période d’état d’urgence énergétique, où la loi relative aux situations d’exception permet au président de la République (par substitution le PRRM) « d’ordonner des perquisitions de jour et de nuit au domicile des personnes dont les activités s’avèrent dangereuses pour l’ordre public ou la sécurité de l’État. » Cette loi liberticide promulguée en 1991 lui donne aussi le pouvoir réglementaire « d’interdire à titre général ou particulier les réunions de nature à provoquer ou à entretenir le désordre ». Reste à savoir si la manifestation prévue samedi 18 avril par Gen Z Madagascar va avoir le feu… vert du Colonel qui porte un béret de la même couleur. Une chose est plus ou moins sûre, la manifestation ne sera pas dirigée par Herizo et les autres « malfaiteurs », à qui il est reproché un « trouble à l’ordre public ».
R.O


