
Le gouvernement tranche et accélère. Les chefs de fokontany seront nommés d’ici le début du mois de mai. L’annonce, confirmée par le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, met fin aux spéculations et la voie de la désignation administrative est privilégiée, au moins dans l’immédiat.
Dans une correspondance officielle datée du 9 avril, le ministère a enclenché la machine. Tous les préfets de police, préfets et chefs de district à travers le pays ont reçu des instructions fermes. Il s’agit de procéder à la mise en place des « comités de fokontany ». Ces structures de base de l’administration locale seront dirigées par un chef de fokontany, assisté d’un adjoint, tous deux nommés par arrêté des représentants de l’État.
Le calendrier est serré. Les autorités déconcentrées disposent de quelques semaines pour identifier, sélectionner et officialiser les profils. Une mission sensible, encadrée par des critères précis. Selon le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, les candidats doivent être résidents du fokontany concerné, savoir lire et écrire, présenter une moralité irréprochable et démontrer des aptitudes à gérer les affaires locales. Des conditions jugées essentielles pour garantir une administration de proximité fonctionnelle et crédible.
Mais au-delà des critères, c’est la responsabilité des choix qui est mise en avant. Le ministère insiste sur la nécessité d’une « vigilance accrue ». Car les conséquences sont immédiates et tangibles. Les chefs de fokontany jouent un rôle clé dans la gestion quotidienne des communautés. Ils sont en première ligne sur les questions de salubrité publique, de sécurité de proximité, mais aussi de cohésion sociale, a rappelé le ministère. Autant de domaines où une mauvaise désignation peut rapidement générer des tensions.
Cette décision de nomination tourne le dos aux attentes exprimées par certains acteurs, qui plaidaient pour l’organisation d’élections à la base. Le ministère ferme la porte, du moins pour l’instant. Aucune consultation électorale n’est prévue avant la tenue des concertations nationales annoncées par les autorités. Une manière de temporiser tout en gardant la main sur un maillon stratégique de l’appareil administratif.
Toutefois, le message adressé aux représentants de l’État est clair : éviter toute contestation. Les arrêtés de nomination « ne doivent pas susciter ou entraîner des contestations de quelque nature que ce soit », prévient le ministère. Une consigne qui en dit long sur la sensibilité du processus, dans un contexte où la légitimité locale peut rapidement devenir un enjeu politique.
Rija R.


