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jeudi, septembre 10, 2026
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Marché de l’Océan Indien : Madagascar s’organise pour une économie circulaire

Madagascar franchit une étape décisive dans sa structuration agricole et confirme sa capacité à s’inscrire dans une économie circulaire à l’échelle de l’Océan Indien.

Cette avancée repose désormais sur des bases concrètes, déjà opérationnelles sur le terrain. Les fondations du projet sont mises en place. La preuve : des terrains sont identifiés pour mener une exploitation à grande échelle des produits agricoles destinés au marché de l’Océan Indien, selon les promoteurs. À titre d’illustration, les oignons, le haricot et le pois du Cap sont très recherchés par La Réunion et l’île Maurice, tandis que les Comores s’intéressent au taro provenant de Madagascar. En parallèle, les organisations de producteurs et les zones de production sont actuellement structurées par filière. Des centres semenciers ont également été déployés dans ces zones de production afin de garantir la qualité et la disponibilité des intrants agricoles. Le renforcement des compétences techniques des producteurs n’est pas en reste grâce au déploiement des centres de formation.

Auto-certification. L’Agence de développement inclusif et durable joue un rôle central en structurant les coopératives et en accompagnant les producteurs à travers un encadrement technique et organisationnel pour accélérer leur professionnalisation. Dans les zones pilotes, cette dynamique est renforcée par l’implication de leaders d’opinion, tels que des leaders d’Église, les notables de la région comme les « Tangalamena » et « Olobe », qui s’engagent à participer à la sensibilisation et à l’adoption des bonnes pratiques. Le modèle repose également sur une logique durable et circulaire. Les déchets agricoles sont valorisés en engrais et pesticides biologiques, réduisant les coûts de production tout en renforçant l’autonomie des exploitations. Ce système permet d’augmenter les rendements tout en préservant les ressources locales. Pour garantir la qualité, des outils adaptés sont déjà en place. Le SPG Fihavanana 4.0 constitue, entre autres, une norme, reposant sur une auto-certification rigoureuse, ont affirmé les promoteurs. Il est renforcé par l’utilisation d’une nouvelle application dénommée Holy Appli, qui assure une traçabilité en temps réel et un suivi précis des parcelles, garantissant ainsi la conformité aux exigences du marché régional.

Proximité géographique. Au-delà de la production, le projet intègre une dimension sociale forte. Dans le cadre de la responsabilité sociétale (RSE), des mesures d’accompagnement sont déployées, pour ne citer que la mise en place de mini-centrales hydroélectriques renforçant l’accès à l’énergie, l’installation de concasseurs pour l’entretien des routes rurales et la facilitation de l’acheminement des récoltes. Ces actions contribuent directement à résoudre les contraintes sociales liées à la productivité, souvent à l’origine de l’exode rural. En améliorant les conditions de vie des communautés locales et en créant des emplois directs et indirects, cette initiative favorise une production locale durable tout en améliorant la sécurité sociale de ces communautés rurales, a-t-on avancé. Avec ces dispositifs déjà en place, Madagascar ne se projette plus, il agit. Le pays est aujourd’hui en mesure de proposer des produits compétitifs, traçables et conformes aux standards régionaux, tout en capitalisant sur sa proximité géographique pour optimiser les coûts logistiques, déclarent les initiateurs de ce projet. À titre d’illustration, La Réunion et Maurice importent chaque année 8 000 tonnes d’oignons provenant de l’Inde, alors que la Grande Île en est un pays producteur.

Forum économique. Sur le plan opérationnel, plusieurs filières prioritaires sont déjà structurées, avec des volumes et des infrastructures sécurisés. À Marovoay, une zone de production de 5 200 hectares permet le développement du maïs et du haricot, avec des prévisions de production respectives de l’ordre de 15 000 tonnes et de 1 400 tonnes, a-t-on appris. Cette zone est déjà équipée de 8 silos d’une capacité de 2 000 tonnes chacun, ainsi que d’un magasin de stockage intégrant des installations industrielles pour la production d’engrais biologiques pouvant atteindre 250 tonnes par mois. Dans la région d’Analamanga, la filière oignon est également en phase opérationnelle, avec une production estimée à 3 000 tonnes par an. Des infrastructures de séchage par clayettes sont déjà en place, permettant d’assurer la qualité du produit et son adaptation aux exigences du marché de l’Océan Indien. En plus, les conditions commerciales sont également sécurisées. Par ailleurs, dans le sud de Madagascar, la filière pois du Cap connaît une relance structurée, avec une production projetée de plus de 4 000 tonnes par an. Des zones de conditionnement sont actuellement opérationnelles, permettant de répondre efficacement aux standards du marché régional et d’exportation.

Madagascar s’affirme désormais comme un acteur structuré, prêt à contribuer activement à une économie circulaire régionale, portée par des filières organisées et des producteurs pleinement accompagnés. Le pays présentera ainsi cette solution innovante lui permettant de s’attaquer au marché de l’Océan Indien lors de sa participation active au Forum économique des îles de l’Océan Indien, qui se tiendra du 27 au 29 avril 2026 aux Comores. Au niveau national, l’ensemble des acteurs économiques, institutionnels et partenaires techniques sont invités à découvrir ce modèle lors de sa présentation officielle le 23 avril 2026, à la Chambre de commerce et d’industrie d’Antananarivo.

Navalona R.

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