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vendredi, octobre 16, 2026
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SUCOMA Ambilobe et SECREN  :  une tournée ministérielle sous le signe de l’apaisement et de la relance industrielle

À peine une semaine après sa nomination, le ministre de l’Industrialisation et de la Promotion du secteur privé, Riana Nampoina Raharimanjato, est descendu sur le terrain. Direction d’abord Ambilobe, au cœur de la crise qui secoue la sucrerie SUCOMA, avant de poursuivre à Antsiranana, au chantier naval SECREN. Une double visite qui en dit long sur l’urgence : restaurer le dialogue social et redonner souffle à deux piliers industriels fragilisés.

Ambilobe : désamorcer une crise sociale explosive

À Ambilobe, l’atmosphère était tendue. Depuis plusieurs semaines, un conflit oppose les travailleurs de la sucrerie SUCOMA à leurs employeurs, avec des répercussions directes sur les planteurs de canne. Au cœur des revendications : la baisse des salaires, l’insécurité de l’emploi, le prix de la canne et même les dégâts causés par les troupeaux sur les plantations. Face à une situation qui a failli dégénérer — des menaces d’incendie de l’usine ont été évoquées — le ministre a choisi la méthode directe : écouter, comprendre, puis arbitrer. Entouré des autorités locales, dont le préfet Lucien Mananjara et des responsables régionaux, il a réuni toutes les parties autour de la table, après une première série de discussions préparatoires. Le diagnostic est sans détour : manque de communication, propagation de rumeurs et tensions accumulées. « Les gestionnaires étrangers ne sont que des locataires. Les véritables propriétaires, ce sont les Malgaches », a martelé le ministre, appelant à un sursaut collectif pour préserver cet outil économique stratégique. Il a également promis de se pencher personnellement sur la question salariale et la révision du prix de la canne.

Au-delà des mesures immédiates, le message est politique : tourner le dos aux grèves stériles et privilégier une culture de dialogue et de responsabilité. Une manière d’éviter le scénario redouté de Morondava, où des pertes d’emplois massives ont marqué les esprits.

 SECREN : relancer un géant en difficulté

Changement de décor, mais mêmes préoccupations à Antsiranana, où le ministre s’est rendu au chantier naval SECREN. Ici, pas de crise ouverte, mais une lente érosion : infrastructures vieillissantes, baisse d’activité et fragilité financière. Sur place, le constat est clair. Malgré son potentiel technique et son rôle stratégique dans l’océan Indien, SECREN peine à maintenir son niveau d’activité, faute de navires à réparer et d’investissements suffisants. Lors des échanges avec la direction, menée par Anthony Rakotoarisoa, et les représentants du personnel, les mêmes préoccupations sont revenues : salaires, relance économique, avenir de l’entreprise. Le ministre a alors esquissé une ligne directrice : renforcer l’appui de l’État, encourager les partenariats public-privé et diversifier les sources de revenus. Car pour lui, la survie de SECREN passe par une transformation en profondeur, capable d’attirer de nouveaux marchés et de s’adapter à la conjoncture.

Réanimer l’industrie nationale

De la canne à sucre aux chantiers navals, cette tournée révèle une stratégie plus large : redonner vie aux industries nationales en difficulté. À travers ces visites, Riana Nampoina Raharimanjato envoie un signal clair : l’État entend jouer un rôle actif, non seulement comme arbitre, mais aussi comme catalyseur.Reste à savoir si ces engagements se traduiront rapidement en actions concrètes. Car sur le terrain, travailleurs et dirigeants attendent désormais plus que des promesses : des résultats.

Iss Heridiny

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