Considéré comme un individu dangereux qui avait proféré des menaces directes contre le Chef de l’Etat, l’ancien Directeur du Bureau des Doléances de la PRRM fait actuellement l’objet d’une enquête en prison.
L’étau se resserre autour des membres de la Génération Z soupçonnés d’être impliqués dans une affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Hier, la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo a fait savoir que des preuves accablantes ont été retrouvées durant l’enquête. A entendre la Garde des Sceaux, ces jeunes auraient été en contact direct avec le Colonel Patrick Rakotomamonjy et d’autres personnes inculpées dont un étranger dénommé Guy Baret qui a également déjà été arrêté. Parmi les preuves découvertes figureraient des conversations Whatsapp, des discussions sur Telegram, ainsi que des documents révélant le plan de mise à exécution d’un projet de coup d’Etat contre le régime actuel et une stratégie de préparation de la manifestation des Gen Z. Leur garde à vue vise ainsi à obtenir des informations sur la nature de leur relation avec ces individus, et consiste aussi à faire la lumière sur l’implication de ces jeunes dans cette affaire. Aujourd’hui, les trois membres de la Gen Z encore maintenus dans les locaux de la Brigade criminelle à Anosy, entament leur dixième jour de garde à vue. Pour rappel, en matière d’atteinte à la sûreté de l’Etat, la durée de garde à vue est de 15 jours renouvelable selon les besoins de l’enquête. Hier, la ministre Fanirisoa Ernaivo a démenti les informations selon lesquelles ces jeunes ont subi des violences durant leur arrestation mais aussi pendant leur garde à vue. Tout en affirmant que ces jeunes sont en bonne santé et n’ont subi aucune maltraitance, la ministre invite les avocats des Gen Z à publier des images pour prouver le contraire. Selon ses dires, seul l’un d’entre eux a un hématome car il était tombé sur sa moto en tentant de s’enfuir pendant son arrestation.
« Mercenaires »
Hier, la ministre de la Justice a pointé du doigt certains jeunes qui, selon elle, ne participent pas à leur mouvement par conviction. En effet, selon Fanirisoa Ernaivo, certains membres de la Gen Z sont manipulés politiquement. Elle est même allée jusqu’à traiter ces jeunes de « mercenaires ». « Le régime de refondation respecte le droit des citoyens à la liberté d’expression et à organiser des manifestations publiques. La preuve, personne ne les a empêché de tenir leur marche pacifique. Toutefois, la participation à une association de malfaiteurs visant à assassiner un Chef d’Etat constitue un crime ». La ministre a ainsi profité de cette interview pour lancer un appel à l’endroit des jeunes militants de la Gen Z à ne pas céder à la manipulation des politiciens.
Procédure légale
La Garde des Sceaux a aussi touché mot de l’affaire impliquant le Colonel Patrick Rakotomamonjy. Selon elle, cette affaire a déjà fait l’objet de trois déferrements, en l’occurrence le premier impliquant l’ancien Sénateur Sylvain Rabetsarona, et le deuxième qui s’est soldé par le placement sous mandat de dépôt à Tsiafahy de 11 individus dont l’ancien Directeur général par intérim du Fonds Souverain Malagasy. Les enquêtes auraient révélé des preuves sur la liaison de toutes ces personnes avec l’ancien Directeur du Bureau des Doléances auprès de la Présidence de la Refondation de la République de Madagascar. Il serait même question de l’existence d’une réunion que le Colonel Patrick aurait dirigée. D’après les explications de la ministre, ce dernier faisait déjà l’objet d’un mandat d’arrêt et son placement sous mandat de dépôt à Tsiafahy respecte donc la procédure légale car la démarche entre dans le cadre de l’exécution de cet ordre donné par le juge d’instruction. Considéré comme un individu dangereux qui avait proféré des menaces directes contre le Chef de l’Etat, le Colonel Patrick Rakotomamonjy fait actuellement l’objet d’une enquête en prison. « Quand l’enquête préliminaire sera terminée, il sera présenté devant le juge d’instruction », a annoncé Fanirisoa Ernaivo. Continuant sur sa lancée, cette dernière de laisser entendre que l’ancien Directeur du Bureau des Doléances auprès de la PRRM encourt une peine sévère allant de 10 ans de prison à la perpétuité. Après cette explication, bon nombre d’observateurs accusent la Garde des Sceaux de ne pas respecter le secret de l’enquête.
Davis R


