Le Palais de Mahazoarivo s’apprête à ouvrir ses portes à la jeunesse contestataire. Dans une tentative de dénouer l’impasse politique actuelle, le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, a officiellement convié les organisations de la « Gen Z », légalement constituées, à une rencontre ce vendredi 24 avril à 10 heures. Cette initiative intervient dans un climat de haute tension, marqué par un bras de fer persistant entre le régime de la « Refondation », incarné par le colonel Michaël Randrianirina, et une frange de la jeunesse qui élève de plus en plus la voix.
Rupture systémique
L’ordre du jour affiché se veut constructif : échanger sur les aspirations des jeunes et co-construire des solutions avec l’État. Toutefois, le fossé semble abyssal. Les manifestants, héritiers de l’esprit du « Tolona », ne réclament rien de moins qu’une rupture systémique. Parmi leurs exigences non négociables figurent la dissolution de l’Assemblée nationale, de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) et de la CENI. Une ligne rouge pour l’exécutif.
Sincérité
Dialogue ou façade ? Au-delà du protocole, l’ombre de la répression plane sur cette table ronde. Alors que certaines figures de proue du mouvement croupissent encore dans les geôles de la Brigade criminelle à la suite des récentes marches pacifiques, la sincérité de cette main tendue interroge. S’agit-il d’une réelle volonté d’apaisement ou d’une simple manœuvre de communication pour polir l’image d’un régime se voulant « à l’écoute » ? La présence, ou le boycott, des organisations de la Gen Z ce vendredi sera le premier indicateur de la température politique des jours à venir. Quoi qu’il en soit, face à la multiplication des mouvements se revendiquant de la « Gen Z », il devient difficile de distinguer ceux qui incarnent véritablement la génération à l’origine du « Tolona » de septembre et octobre 2025.
Julien R.


