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samedi, septembre 26, 2026
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Expression : Tuk-tuk à l’arrêt, rumeur en marche

Le 17 avril, vendredi, à Ambilobe. Le même jour où l’Iran a déclaré la réouverture du détroit, une information qui a entraîné une baisse des prix du pétrole ailleurs, Yves, chauffeur de tuk-tuk, stationne paisiblement son véhicule jaune devant un bar situé juste en face de l’hôtel Kozobe. Sur la table se trouve un petit flacon en plastique de 20 cl, comble d’un liquide de teinte whisky, ainsi qu’une bouteille de 1,5 litre d’eau saumâtre. Il passe d’une gorgée d’alcool à une gorgée d’eau. Un rituel quelque peu austère, reflétant son état d’esprit.

Plus que de la simple soif se cache derrière ce geste. Il s’agit d’une préoccupation. Sans carburant, sa « machine » demeure silencieuse. Quant à son « patron », il ne veut rien entendre des excuses : au moins 20 000 ariary par jour. Parfois, ça peut même monter jusqu’à 30 000. Ainsi, Yves consomme, fait des grimaces et réfléchit. Comment persuader ? Quels termes utiliser pour expliquer l’impossibilité ? « On dit que c’est à cause du retard de livraison. » Mais, en étant à moitié saoul, Yves ne croit qu’en partie en lui-même. Il hausse les épaules, irrité : « Il souhaite que je lui fournisse 30 000 ariary… Cependant, les stations sont bondées de personnes. » Depuis environ 10 jours, de la ville de Varatraza jusqu’à Ankarabe, le carburant se fait attendre. Une absence qui se fait cruellement sentir, surtout pour ceux qui mènent une existence au jour le jour.

Dans la rue, les gens commencent à parler plus librement. Les suspicions également. « Ils sont impliqués dans des manigances… » « Ils cherchent à faire fonctionner leur entreprise », confie un homme d’environ 40 ans. Ces termes, une vérité universelle et omniprésente : les prédateurs du marché noir. Ils ne manquent de rien du tout. Le litre se vend entre 7 000 et 10 000 ariary, alors que le tarif officiel demeure à 4 900. Yves n’est ni économiste ni homme politique. Il est juste là, entre deux gorgées, bloqué entre la route qui l’appelle et un réservoir désespérément à sec.

Les personnes en charge des hydrocarbures à Diego mettent en place une distribution limitée du carburant pour gérer l’approvisionnement en attendant les livraisons par bateau. Les habitants doivent éviter de faire des stocks et suivre les règles afin de prévenir les pénuries, les files d’attente et les risques d’accident. Les concitoyens, quant à eux, demandent la transparence. C’est toujours le cas dans les faritra, en particulier lorsque les réalités géographiques accentuent encore la différence entre la capitale tant aimée et les presqu’îles du faritany.

Iss Heridiny

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