
Le gouvernement a présenté hier aux partenaires internationaux et aux bailleurs de fonds, au ministère des Affaires étrangères, le programme de mise en œuvre de la politique générale de l’État pour la refondation.
Le ton est donné
Réunis hier au ministère des Affaires étrangères, partenaires internationaux et bailleurs de fonds ont salué, tout en recadrant. Le programme de refondation porté par le gouvernement et, surtout, le respect du calendrier électoral, y ont été abordés. La présidentielle, annoncée dans un délai de 20 à 24 mois, cristallise toutes les attentions. Face à une assistance nombreuse, l’Exécutif a déroulé sa feuille de route. L’objectif du gouvernement est de « refonder l’État, renforcer la gouvernance et remettre le pays sur les rails démocratiques », a annoncé le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison.
« Nous accueillons favorablement l’objectif répété de tenir les élections présidentielles d’ici 20 mois », a déclaré Roland Kobia, ambassadeur de la délégation de l’Union européenne. S’il reconnaît un programme « ambitieux et complexe », le diplomate a, toutefois, déclaré que « tout peut être fait avec une volonté politique ». En filigrane, le message est sans détour : la crédibilité du processus dépendra du respect des engagements. Car, pour les partenaires, la refondation ne saurait être dissociée des élections. « Le programme de refondation est un chemin vers la démocratie, l’État de droit et la bonne gouvernance », martèle Roland Kobia. Une trajectoire qui devrait également prendre en compte des recommandations issues des missions d’observation électorale de l’Union européenne, estime aussi Roland Kobia. Ces « recommandations sont toujours sur la table », annonce-t-il.
Feuille de route
Sur le terrain politique, la machine est déjà lancée. À deux ans de l’échéance théorique de 2027, les formations s’activent. L’association Fanilon’ny Fanavoazan’ny Madagasikara, proche du pouvoir, accélère son implantation territoriale, laissant entrevoir une mutation prochaine en parti politique. En face, le parti Tiako i Madagasikara a déjà bouclé ses tournées provinciales sous la houlette de Marc Ravalomanana, dont les ambitions présidentielles ne font plus mystère. Le HVM, ancien parti majoritaire, sort, lui aussi, de sa torpeur et réactive ses réseaux. Mais leur point commun à tous est l’exigence d’une refonte des règles du jeu électoral, qui est déjà prévue dans la feuille de route du gouvernement. Une question sensible que les partenaires internationaux suivent de près, conscients qu’elle conditionne la transparence et la crédibilité du scrutin à venir.
En attendant, le gouvernement veut accélérer sur un autre front, notamment les concertations nationales. « Elles partiront des fokontany et des communes », annonce la ministre en charge de la Refondation, Hanitra Razafimanantsoa. Un processus présenté comme inclusif, censé préparer le terrain institutionnel et politique. « Nous avons une occasion historique de poser les bases d’une République plus forte, plus démocratique, plus juste », affirme la ministre.
Rija R.




