
Madagascar a marqué un point important dans ses échanges avec la délégation de la JICA, en défendant avec fermeté la nécessité d’obtenir des conditions de financement plus favorables pour ses projets stratégiques.
La rencontre s’est tenue à l’ambassade de Madagascar à Washington DC, la semaine dernière. Conduite par le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, la partie malgache a porté un plaidoyer clair en faveur d’une coopération plus adaptée aux réalités économiques et techniques des grands chantiers en cours. La rencontre a également permis aux deux parties de convenir d’approfondir les discussions sur les détails des projets afin de renforcer davantage la coopération bilatérale. À noter que la JICA apporte à Madagascar des dons et des prêts concessionnels pour soutenir le financement de projets prioritaires. Pour 2027, plusieurs interventions sont déjà prévues, notamment dans les secteurs de l’irrigation et des infrastructures. Pour 2026, de nouveaux projets sont également envisagés, dont celui de l’électricité de Toamasina dans le cadre de la réhabilitation de la ville, ainsi qu’un prêt additionnel pour l’extension du port de Toamasina, que les deux parties entendent conclure avant octobre 2026. C’est justement sur ce dossier du port de Toamasina que Madagascar a obtenu des avancées notables dans la négociation. Le projet affiche déjà une progression significative. L’avancement technique du Package 2, correspondant à la phase de construction, atteint 75,7%, avec un délai consommé de 72% et un taux de décaissement de 70%. Toutefois, les fonds affectés à cette phase devraient être épuisés en septembre 2026, ce qui rend urgente la mobilisation d’un financement additionnel pour éviter toute interruption des travaux.
Conditions en négociation
Le point central des discussions a porté sur le taux d’intérêt du prêt additionnel. Le prêt initial avait été accordé à un taux de 0,01% par an, sur une maturité de 42 ans, avec 12 ans de période de grâce. En revanche, le prêt additionnel proposé était assorti d’un taux de 0,70% par an. Pour Madagascar, une telle hausse, qui revient à multiplier le taux par 70, ne saurait être justifiée. La partie malgache a ainsi défendu le principe de « même projet, mêmes conditions », en rappelant que les surcoûts observés découlent de facteurs exogènes, comme la pandémie de Covid-19, la dépréciation sans précédent du yen face au dollar et des problèmes techniques imprévus sur certains quais. Madagascar a aussi soutenu que le prêt additionnel, demandé à hauteur de 14 936 millions de yens, devait couvrir la totalité des coûts éligibles, tandis que l’État prendrait en charge les coûts non éligibles. Enfin, un mécanisme d’urgence a été évoqué pour éviter un vide financier entre septembre et décembre 2026. Au-delà des chiffres, cette rencontre traduit une volonté commune de bâtir une coopération bilatérale plus étroite, plus fluide et mieux alignée sur les priorités de développement du pays.
Antsa R.




