
Les intérêts générés par les placements effectués par les épargnants auprès des Institutions de microfinance (IMF) sont soumis à l’Impôt sur les revenus des capitaux mobiliers (IRCM) à compter du 1er janvier 2026, conformément à la loi de finances 2026.
L’Association professionnelle des institutions de microfinance de Madagascar (APIMF) a ainsi mené un plaidoyer auprès des autorités publiques pour demander la suppression de ce taux d’imposition de 20%. En effet, « cela risque de décourager les populations déjà exclues du système bancaire classique de se tourner vers la microfinance, et pourrait impacter le coût des crédits pour les agriculteurs et les entrepreneurs ruraux. L’État doit prendre en considération le rôle social joué par ces institutions, qui s’implantent jusque dans les zones les plus reculées. On recense actuellement près de 3 millions de personnes ayant accès à l’inclusion financière grâce aux services de microfinance. En outre, nous travaillons en partenariat avec des acteurs ruraux qui n’évoluent pas forcément dans le secteur formel ou qui ne possèdent pas d’identité fiscale », a expliqué Fanja Rakotomaharo, secrétaire générale de l’APIMF. Raison pour laquelle cet organisme a organisé, hier, un atelier d’échange avec la Direction générale des impôts (DGI), à l’hôtel Ibis Ankorondrano.
Spécificité
« Un dialogue permanent est désormais instauré entre les deux parties. Cette réunion n’est que le début. Les contribuables perçoivent maintenant la Direction générale des impôts comme un partenaire et non plus comme un acteur de répression. Nous voulons également faire comprendre la spécificité des institutions de microfinance (IMF) par rapport aux autres institutions financières. Nous utilisons, entre autres, un plan comptable différent de celui des entreprises ordinaires », a exprimé Youssouf Mahamoud, PCA de l’APIMF. Il est à noter que cette association regroupe actuellement 16 IMF agréées. Pour sa part, Liva Rajoelison, directeur de la Législation fiscale et du contentieux, a profité de cet atelier pour présenter le système de déclaration fiscale et les nouvelles dispositions de la loi de finances 2026. Il a également insisté sur l’importance du renforcement du contrôle fiscal, favorisant un consentement à l’impôt par les contribuables, ainsi que de l’amélioration de la législation spécifique aux institutions de microfinance.
Navalona R.




