- Publicité -
vendredi, septembre 11, 2026
- Publicité -
AccueilCultureIls ont fait le buzz : L’illusion du partage, le maintien du...

Ils ont fait le buzz : L’illusion du partage, le maintien du monopole…

Le letchi est transporté à dos d’homme, en tout-terrain, en charrette, en pirogue… pour rejoindre les sites d’achat. (crédit photo : @vincenttartar)

Depuis la semaine dernière, un deuxième opérateur exclusif pour l’importation et la distribution du letchi de Madagascar en Europe vient d’être annoncé. La société italienne Orsero S.p.a s’aligne dès lors avec la société française de Rungis, Omer-Decugis & Cie, à travers sa filiale Société Internationale d’Importation, ou SIIM. Cette dernière a toujours été le partenaire exclusif, chéri par le Groupement des Exportateurs de Litchis de Madagascar (GEL). Cette entité malgache a également choisi l’entreprise familiale basée à Milan. Bien beau tout cela, quand l’histoire économique en Europe, notamment en France, est rattachée à ces deux mastodontes des produits exotiques. À en croire les spécialistes de ce marché sur les réseaux sociaux, la France reste la cible principale d’Orsero. D’autres marchés sont aussi dans la liste : l’Italie, bien sûr, l’Espagne, le Portugal et la Grèce. La carte de distribution de ces deux sociétés semble déjà être partagée : pour l’Italienne, le sud de l’Europe, et le nord pour l’autre. Pour revendre le fruit à la peau rouge « weird », acheté à 0,50 euro environ le kilo, soit dans les 2 400 ariary, chez le paysan dans les champs. Puis revendu entre 3,50 et 9 euros chez les petits Caucasiens et Caucasiennes pour le marché de Noël. Voire jusqu’à 18 euros, convertis en ariary : 87 500 ariary à peu près. Les avantages de collaborer avec des sociétés comme Orsero ou Omer-Decugis & Cie sont de bénéficier d’une sécurisation des ventes, d’une réduction des pertes post-récolte. La prime « Fairtrade » : ainsi, les coopératives paysannes toucheront la prime de développement. Genre de « charité structurée » pour maintenir les paysans en position d’éternels dépendants. Tandis que la valeur ajoutée captée hors Madagascar est de 85%, contre 14,5% pour les paysans. Pour changer ce statu quo hérité par des générations de paysans depuis que Madagascar exporte du letchi vers la France, il faut, selon les spécialistes, diversifier les marchés vers le Moyen-Orient, l’Asie et l’Afrique, tout proches. Ces contrats exclusifs, comme avec Omer-Decugis & Cie, maintiennent les paysans par la gorge. Et enfin, le grand classique : transformer les fruits sur place, dans la Grande île. Jamais aucun projet industriel de transformation locale du letchi n’a abouti. Par pression politique et des grands acteurs, ou par manque de volonté de « real » développement. Pour deux ou trois ans, ces collaborations peuvent être bénéfiques à toutes les échelles. Après, tout le monde se rendra compte d’une dépendance. D’autant que les deux géants européens ont déjà bien partagé le cadeau sur le sol européen. Aucun risque de confrontation commerciale entre eux. Sans oublier l’arme de la certification, goulot d’étranglement pour une situation de soumission.

Maminirina Rado 

- Publicité -
- Publicité -
Suivez nous
502,213FansJ'aime
22,466SuiveursSuivre
8,516SuiveursSuivre
2,891AbonnésS'abonner
Articles qui pourraient vous intéresser

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici