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dimanche, septembre 20, 2026
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« Acte de déstabilisation » : Un agent de l’ambassade de France déclaré persona non grata

Le bureau de l’ambassade de France à Ambatomena

La mesure radicale d’expulsion décidée par le ministère des Affaires étrangères concerne les relations franco-malgaches.

Le geste est rare, le signal est fort. Le ministère des Affaires étrangères a convoqué, hier, l’ambassadeur de France, Arnaud Guillois, pour lui notifier une décision aux allures de rupture maîtrisée. Un agent de l’ambassade de France est déclaré persona non grata et contraint de quitter le territoire national. Une mesure qui intervient dans un contexte déjà chargé et qui pourrait marquer un tournant dans les relations entre Antananarivo et Paris. Dans un communiqué officiel diffusé à la presse, hier matin, le ministère des Affaires étrangères justifie cette décision par des « agissements incompatibles avec le statut diplomatique ». Si le nom et la fonction de l’agent concerné n’ont pas été rendus publics, le gouvernement évoque clairement un lien avec des « investigations » en cours sur des « actes de déstabilisation ».

Ces enquêtes impliqueraient, selon le ministère des Affaires étrangères, à la fois des ressortissants malgaches et étrangers, laissant planer un lourd soupçon d’ingérences extérieures dans les affaires internes du pays. L’usage du statut de persona non grata, prévu par les conventions diplomatiques, n’est jamais anodin. Il constitue l’un des leviers les plus fermes dont dispose un État pour signifier son mécontentement sans rompre formellement les relations diplomatiques. En choisissant cette voie, le gouvernement envoie un message clair selon lequel, à ses yeux, certaines lignes ont été franchies.

Pour l’heure, l’ambassade de France à Antananarivo n’a pas réagi publiquement. Un silence qui contraste avec la rapidité de sa précédente prise de position, il y a deux semaines, lorsque le nom de la France avait été indirectement associé à une autre polémique. À l’époque, une liste circulant sur les réseaux sociaux accusait dix ressortissants français d’être impliqués dans des tentatives présumées de déstabilisation du pays. L’ambassade avait alors fermement dénoncé une publication « infondée », appelant à la retenue et à la responsabilité. Mais l’affaire avait pris une tournure plus politique lorsque ce document controversé avait été partagé sur Facebook par Harifidy Ramanandraibe, conseiller technique du chef de l’État. Une initiative qui avait rapidement embarrassé les plus hautes sphères du pouvoir. Le service de communication de la présidence avait alors démenti l’authenticité du document et désavoué publiquement le conseiller, cherchant à contenir une polémique devenue explosive.

Malaise profond. Entre accusations de déstabilisation, circulation de documents controversés et désormais expulsion d’un agent diplomatique, les relations franco-malgaches semblent entrer dans une zone de turbulence. Reste à mesurer l’ampleur réelle de cette crise. S’agit-il d’un incident ponctuel, appelé à être rapidement désamorcé par les canaux diplomatiques habituels ? Ou bien du symptôme d’un malaise plus profond, nourri par des tensions politiques internes et des soupçons d’ingérence étrangère ? Une chose est certaine : en frappant au cœur même de la représentation diplomatique française, Antananarivo prend le risque d’un refroidissement durable avec l’un de ses partenaires historiques. Et, dans un contexte international déjà marqué par des recompositions d’influence, chaque geste compte, chaque signal pèse. La suite dépendra désormais des réactions de Paris et de la capacité des deux capitales à contenir une crise qui, pour l’instant, ne dit pas encore son nom.

Rija R.

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