
L’Action PACTE VERT pour le Grand Sud a été lancée hier, en marge de la première réunion de son Comité d’orientation stratégique. Environ 2 500 milliards d’ariary seront alloués à 80 projets dans le cadre de cette initiative.
Portée conjointement par l’État malgache, l’Union européenne, la France, l’Allemagne et le système des Nations unies, cette initiative marque une nouvelle étape dans la mobilisation collective en faveur du développement durable, de la sécurité alimentaire et de la résilience des territoires du Sud. Ce lancement intervient dans la continuité du programme AFAFI-Sud, cofinancé par l’Union européenne et l’Allemagne sur la période 2018-2025. Les acquis de ce programme constituent désormais une base pour une nouvelle génération d’actions plus intégrées, mieux coordonnées et davantage orientées vers des impacts concrets au bénéfice des populations. Pour le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aimé Ramiarison Herinjatovo, l’enjeu est précisément de dépasser la logique des activités dispersées pour privilégier des résultats mesurables. Il a rappelé que d’importants financements ont déjà été mobilisés pour le développement du Sud, sans toujours produire les transformations attendues.
Financements
Dans son intervention, le ministre a également relié le Pacte Vert à la priorité gouvernementale de relance économique. « Nous devons créer de la richesse et la productivité est le mot clé dans cette optique », a-t-il souligné, en insistant sur la nécessité de restructurer les chaînes de valeur agricoles afin de créer des emplois, d’améliorer la productivité et de renforcer la résilience face à la raréfaction des ressources. Le Pacte Vert pour le Grand Sud s’inscrit dans l’Initiative de l’Équipe Europe PACTE VERT, dotée d’un engagement global de 501 millions d’euros, soit environ 2 500 milliards d’ariary, pour soutenir près de 80 projets à Madagascar. Pour le Grand Sud, l’enveloppe spécifique s’élève à 73,5 millions d’euros, dont 50 millions de l’Union européenne, 20 millions de la France et 3,5 millions du système des Nations unies.
Durable
L’action repose sur deux programmes complémentaires. Le programme « TALAKY BE », cofinancé par l’Union européenne et l’AFD, intervient dans l’Anôsy autour de l’agriculture résiliente, de la gestion durable des ressources naturelles, de la restauration des paysages forestiers et de la valorisation des filières locales. Le programme « RÉSILIENCE », déployé dans les zones les plus exposées du Grand Sud, mobilise quatre agences onusiennes et un consortium d’ONG autour des systèmes agro-pastoraux résilients, de l’eau, de l’agroécologie, de la prévention des crises et de la cohésion sociale. Les régions Androy et Anôsy occuperont une place centrale dans l’orientation, la coordination et le suivi des actions. Pour les partenaires, le développement durable doit se construire d’abord dans les territoires, avec une forte appropriation locale, une meilleure coordination et une redevabilité accrue. À travers le Pacte Vert, Madagascar et ses partenaires entendent ainsi passer d’interventions fragmentées à une réponse intégrée, territorialisée et durable. L’objectif est de faire du Grand Sud non plus seulement un espace exposé aux crises, mais un territoire productif, résilient et pleinement acteur de la transformation économique nationale.
Antsa R.




