
Point de répit, hier, pour les travailleurs des boutiques du centre-ville d’Antananarivo et de plusieurs zones commerciales. La fête du Travail était pour eux synonyme de… travail, contrairement au commun des salariés et fonctionnaires, qui profitent du jour férié qu’est le 1er mai. Ainsi, les rues d’Analakely, Behoririka, Tsaralalàna, Andravoahangy ont été aussi animées que d’habitude, hier. Les boutiques du quartier chinois de Behoririka sont restées ouvertes aux horaires habituels. Les quelques employés qui ont bien voulu aborder la question, discrètement, ont indiqué ne bénéficier d’aucune prime ni de taux horaire majoré au titre des heures supplémentaires. « Nous travaillons comme les autres jours, sans aucune compensation du jour férié », se désole une jeune employée dans une boutique tenue par des employeurs chinois à Behoririka. Elle, et les nombreux autres travailleurs vivant la même situation, se retrouvent impuissants face à ce non-respect des droits des travailleurs : « Nous n’avons plus la force de nous battre car on l’avait fait auparavant en dénonçant notre situation aux autorités de l’époque, mais, en retour, nous avions subi les représailles des employeurs en nous licenciant. »
Pour d’autres travailleurs issus des secteurs classés stratégiques, le travail pendant les jours fériés fait partie des contraintes du métier, et est payé en conséquence. Néanmoins, ils sont largement minoritaires par rapport aux travailleurs victimes du non-respect de leurs droits, s’estimant oubliés et laissés pour compte.
Hanitra R.


