
La plateforme regroupant 116 partis politiques, le Komity Fanorenana an’i Madagasikara (KFIM), se présente comme une force fédératrice qui prône l’unité nationale tout en respectant la richesse de la diversité culturelle et sociale malgache. Son ambition dépasse la simple coalition politique : elle vise à rassembler l’ensemble des citoyens autour d’une vision commune, celle d’un développement authentique et durable. Ce développement repose avant tout sur la construction d’une nation forte, solidaire et fondée sur le consensus.

Ces derniers temps, Madagascar traverse une période particulièrement tendue. Les divisions internes semblent s’accentuer, alimentées par des discours opportunistes dont profitent certains acteurs politiques. Les clivages ethniques, longtemps enfouis, refont surface et gagnent du terrain. Ils sont amplifiés par certains médias et envahissent les réseaux sociaux, notamment Facebook, contribuant à entretenir un climat de méfiance et de discorde au sein de la population. Face à cette situation préoccupante, le KFIM, sous la direction d’Elia Rabevahiny, exprime ouvertement son inquiétude. Lors d’une prise de parole tenue à l’Hôtel de la Poste, à Antsiranana, le samedi 2 mai, ce dernier a livré un discours empreint d’émotion et de sincérité : « Je suis avant tout Malagasy. Je suis bouleversé par la souffrance de nos compatriotes du Sud confrontés à la famine, tout comme je suis profondément attristé par les cris de détresse venant de Sakatia ou d’Ampasidava. » Ces paroles, chargées d’humanité, ont suscité une vive émotion dans l’assistance, traduite par des applaudissements spontanés et nourris.

Franc-parler assumé
Le choix d’Elia Rabevahiny à la tête du mouvement n’est pas anodin. Figure engagée et déterminée, il s’est illustré à plusieurs reprises par ses prises de position courageuses. Opposant déclaré au régime d’Andry Rajoelina, il n’a jamais hésité à dénoncer ce qu’il considère comme des dérives, notamment en s’opposant au projet de la Base Toliara ou encore aux pratiques de spoliation foncière. Ses positions lui ont valu des représailles, allant jusqu’à son arrestation et son incarcération. Malgré cela, il demeure fidèle à ses convictions et continue de porter une voix critique. Sa participation aux manifestations populaires de septembre et octobre 2025 témoigne également de son engagement actif aux côtés du peuple. En tant que conseiller du président de la Refondation de la République de Madagascar, Rabevahiny affirme clairement sa ligne de conduite : il refuse toute complaisance. « Être conseiller, c’est dire la vérité, toute la vérité. Nous ne reproduirons pas les erreurs des anciens collaborateurs qui ont préféré se taire », déclare-t-il. Son rôle, selon lui, consiste avant tout à relayer fidèlement les réalités vécues par les citoyens et à alerter les plus hautes autorités sur les difficultés quotidiennes des Malgaches.

Une stratégie d’implantation à l’échelle des régions
Dans le but de diffuser son message et de structurer son implantation, le KFIM multiplie les déplacements à travers les différentes régions du pays. Les régions d’Atsimo-Andrefana, Itasy, Vakinankaratra, Atsinanana, Alaotra-Mangoro et, récemment, Diana ont ainsi été visitées. Ces tournées visent à mettre en place des structures locales solides et à désigner des responsables régionaux capables de porter les idéaux du mouvement.

Sur la pointe du pays, des relais locaux engagés
À Diego-Suarez, par exemple, la représentation locale est assurée par une figure bien connue : Arsène Jao, sociologue et enseignant-chercheur à l’Université d’Antsiranana. Engagé de longue date, il s’est distingué par son opposition au régime en place et par sa participation à de nombreuses luttes sociales dans sa région. Pour lui, la politique ne doit en aucun cas être un moyen d’enrichissement personnel. Son credo est clair : « Accéder au pouvoir pour servir le peuple. » Une vision qui rejoint pleinement celle d’Elia Rabevahiny. Par ailleurs, le KFIM adopte une approche innovante en matière de culture politique. Le mouvement appelle à rompre avec les pratiques traditionnelles basées sur le clientélisme et les avantages matériels. Il encourage plutôt une prise de conscience citoyenne axée sur les idées, les projets de société et les débats constructifs. De plus en plus de Malgaches semblent adhérer à cette vision, réalisant que les distributions de biens matériels, comme les cuvettes ou les tee-shirts, ne sauraient remplacer des programmes solides et des engagements sincères.

Ainsi, à travers son discours et ses actions, le KFIM tente d’insuffler une nouvelle dynamique politique à Madagascar, fondée sur l’intégrité, l’unité et la responsabilité collective. Dans un contexte marqué par les divisions et les incertitudes, cette initiative se veut porteuse d’espoir pour un avenir plus harmonieux et équitable.
Iss Heridiny




