

Sur la route du futur : la voie rapide Antananarivo–Toamasina reprend son élan. Un chantier stratégique entre défis techniques, dynamique sociale et ambition nationale. La phase 1 atteint 39% d’avancement.
Après un ralentissement lié aux intempéries de la saison cyclonique, les travaux de la voie rapide reliant Antananarivo à Toamasina ont repris à un rythme soutenu. Entre contraintes techniques, enjeux sociaux et questions d’indemnisation, l’entreprise égyptienne SAMCRETE accélère désormais ses opérations afin de respecter l’échéance fixée à décembre 2026. Avec l’installation de la saison sèche, le chantier retrouve progressivement sa pleine intensité. Selon les dernières données communiquées, le taux d’avancement de la première phase s’établit désormais à 39%. Ce projet structurant, long de 250 kilomètres, est organisé en trois sections : une première tranche de 80 km actuellement en cours de réalisation, suivie de deux autres segments de 85 km chacun. Le point de départ reste fixé à Ambodifasina (PK0). L’objectif demeure inchangé : livrer cette première phase d’ici fin 2026.
Montée en puissance technique et accélération des travaux
Le chantier entre dans une phase de montée en puissance. Avec l’arrivée de la saison sèche, les opérations d’enrobage s’intensifient, avec une cadence estimée entre 5 et 7 kilomètres de chaussée à quatre voies par mois. Sur le terrain, d’importants moyens techniques sont mobilisés : engins de terrassement, centrales d’enrobage et technologies de recyclage en profondeur (FDR). Dans une logique de continuité opérationnelle, SAMCRETE attend par ailleurs l’ordre de service pour le lancement de la phase 2, dont le démarrage reste conditionné à la validation des études environnementales et sociales.
Indemnisations : un processus encadré par les autorités
Le processus d’indemnisation est conduit par les autorités publiques, conformément aux mécanismes réglementaires en vigueur. Des missions de sensibilisation ont été menées auprès des populations concernées afin d’expliquer les enjeux du projet ainsi que ses retombées attendues, tant au niveau local que national.
Un dialogue renforcé avec les communes traversées
Le tracé de la voie rapide traverse huit communes rurales : Ambatolampy Tsimahafotsy, Ambohimanga Rova, Ambohitrabiby, Talata Volonondry, Ambohitrolomahitsy, Sadabe, Mangamila et Anjozorobe. Une récente rencontre entre les maires de ces communes et les responsables de SAMCRETE a permis d’aborder les impacts du chantier sur les populations locales. Les élus ont insisté sur la nécessité de réparer certains dommages collatéraux et de renforcer l’accompagnement des infrastructures communautaires. « Le dialogue est essentiel, car un projet de cette ampleur impacte inévitablement le quotidien des habitants. Nous avons notamment sollicité la réhabilitation du CSB de Sadabe », a souligné un maire de la zone.
Une démarche RSE au cœur du projet et obligations environnementales
En partenariat avec EGYCOPT, SAMCRETE déploie une politique active de responsabilité sociétale des entreprises (RSE), en cohérence avec les orientations nationales en matière de développement durable. Parmi les actions déjà réalisées figurent :
– la réhabilitation d’écoles (EPP Anosiarivo, Ambohitrerana, Ambodifasina)
– la dotation en tables-bancs et la construction de blocs sanitaires
– la construction du pont de Mahavazina à Ambohitrolomahitsy
– des campagnes de reboisement à Ambohitrabiby
Dans le cadre des mesures d’atténuation visant à limiter les impacts sur les rizières affectées, ainsi que dans une logique plus large de compensation environnementale et sociale en faveur des populations concernées, une opération d’envergure a été menée le 30 avril 2026. Elle a permis la distribution de 18 450 kg de riz et de 13 450 kg d’engrais au profit de 27 fokontany, apportant un soutien direct aux agriculteurs impactés par les travaux et contribuant à renforcer la résilience des communautés locales face aux effets du projet, conformément aux obligations environnementales et sociales incombant à l’entreprise. Cette intervention s’inscrit dans une dynamique de solidarité et de responsabilité sociale, visant à atténuer les effets des travaux sur les activités agricoles locales, tout en renforçant la résilience des communautés concernées. Elle traduit également une approche participative, fondée sur une concertation continue avec les autorités locales, les établissements scolaires et les communautés bénéficiaires, afin de garantir un accompagnement adapté, inclusif et durable.
Une infrastructure, plusieurs horizons
Au-delà de sa dimension routière, la voie rapide Antananarivo–Toamasina s’affirme progressivement comme un projet de transformation territoriale. Elle relie des espaces, mais surtout des perspectives : économiques, sociales et régionales.
Remerciements institutionnels
L’entreprise a enfin exprimé sa reconnaissance envers les autorités nationales pour leur accompagnement constant : SEM le Président de la Refondation, le colonel Michael RANDRIANIRINA et ses proches collaborateurs, le président de l’Assemblée nationale ainsi que les membres de la Commission des Travaux publics, le Gouvernement dans son ensemble, et en particulier le ministère des Travaux publics, ainsi que l’ensemble de la population locale, pour leur soutien à la réalisation de ce projet structurant.
Narindra Rakotobe




