
Jeudi, lors de l’ouverture d’un atelier stratégique organisé par le SAMIFIN à Ambohijanaka, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a affiché une détermination sans faille. Entre réformes législatives et démantèlement de réseaux, l’exécutif place la lutte contre les flux financiers illicites au cœur de son programme de « Fanavaozana ».
L’heure n’est plus aux simples déclarations d’intention, mais à l’offensive. Le palais de Mahazoarivo, sous l’impulsion de son chef de file, Mamitiana Rajaonarison, a franchi une étape cruciale ce 7 mai 2026. En marge de l’atelier de présentation du plan d’action de la stratégie nationale de lutte contre le blanchiment d’argent (2026-2030), le Premier ministre a martelé une vérité qui sonne comme un avertissement pour les réseaux mafieux : l’époque de l’impunité pour les « investisseurs » recyclant l’argent du crime touche à sa fin.
Nouvelle stratégie. Le choix du lieu et du moment n’est pas fortuit. Ancien directeur général du SAMIFIN (Service de renseignements financiers), le Premier ministre connaît le dossier sur le bout des doigts. C’est grâce à sa propre expertise que les fondations de cette nouvelle stratégie quinquennale ont été posées. « Sous ce régime de Refondation, c’est le moment idéal pour modifier et améliorer toutes les lois qui doivent l’être », a-t-il affirmé. Pour le chef du gouvernement, la fluidité entre l’exécutif et les organes de contrôle est la clé de voûte de cette réforme.
Appui politique. Déjà, les choses s’accélèrent sur le plan législatif. Le projet de loi modifiant et complétant les dispositions actuelles contre le blanchiment de capitaux a franchi l’étape du Conseil des ministres. Il est désormais entre les mains des députés à l’Assemblée nationale pour examen. L’objectif est clair : boucher les trous de souris juridiques dans lesquels s’engouffrent les réseaux criminels. Cette offensive bénéficie d’un appui politique de premier ordre. Le Premier ministre a tenu à transmettre un message fort : le Président du Renouveau soutient à « 100 % » les agents du SAMIFIN. Un signal de confiance indispensable pour ces enquêteurs de l’ombre qui traquent les mouvements de fonds suspects.
Partenaires financiers. La nouvelle stratégie 2026-2030 ne se contentera pas de surveiller ; elle vise à « démanteler ». En ciblant directement les profits issus d’activités criminelles, le gouvernement espère assainir le climat des affaires à Madagascar. Car, au-delà de la sécurité, c’est l’image économique de la Grande Île qui se joue sur la scène internationale. Avec ce nouvel arsenal, le message envoyé aux partenaires financiers est limpide : Madagascar n’est plus une terre d’accueil pour l’argent sale.
Julien R.


