C’est un rendez-vous diplomatique majeur qui s’ouvre ce lundi dans la capitale kenyane. Pour la première fois, le Sommet Afrique-France, rebaptisé « Africa Forward Summit », se tient en terre anglophone. Un virage symbolique pour Paris, mais surtout une tribune stratégique pour Madagascar, représentée par le colonel Michaël Randrianirina. En effet, la Grande île ne compte pas faire de la figuration à Nairobi. Sous le thème « Partenariats Afrique-France pour l’innovation et la croissance », ce sommet réunit une trentaine de chefs d’État, dont Emmanuel Macron. Pour la délégation malgache, conduite par le président de la Refondation, l’objectif est clair : briser l’isolement régional.
Lobbying. Toujours suspendue des instances de l’Union africaine (UA), Madagascar utilise ce forum comme levier. En marge des sessions officielles sur le développement durable, le colonel Michaël Randrianirina multiplie les rencontres bilatérales. Il s’agit de poursuivre le lobbying entamé en mars dernier lors du sommet de l’OEACP, en plaidant pour un retour définitif de la Grande île dans la grande famille africaine.
Turbulences. Cependant, ce déplacement se déroule dans un contexte bilatéral complexe. Si le dialogue semble rétabli, les relations entre Antananarivo et Paris sortent d’une zone de turbulences après l’expulsion, fin avril, d’un agent de l’ambassade de France. Malgré un apaisement téléphonique entre les deux chefs d’État, une certaine méfiance persiste dans les couloirs du Quai d’Orsay.
Pragmatisme. Face à ces tensions, le pragmatisme économique prend le dessus. Avec 4 000 délégués et 2 000 chefs d’entreprise attendus, Nairobi offre de réelles opportunités. La transition énergétique et l’industrialisation verte sont au cœur des enjeux pour les opérateurs malgaches. En s’affichant aux côtés des puissances continentales, le pouvoir de la Refondation entend prouver sa capacité à naviguer entre ses partenaires historiques et de nouvelles influences, comme la Russie. Reste à savoir si « l’esprit de Nairobi » suffira à dissiper les nuages sur l’axe Antananarivo-Paris.
Julien R.


