
Dans les sites spécialisés d’affaires, la déclaration des jésuites d’Angleterre risque de bouleverser les activités de Qit Madagascar Minerals à Fort Dauphin, dans le sud-est malgache. Les religieux envisagent sérieusement de vendre leurs actions Rio Tinto. Les raisons évoquées sont d’ordre éthique et environnemental. En premier lieu, la présence d’uranium et de plomb dans les eaux en aval de la mine de QMM. Elle peut constituer une menace pour la santé des enfants notamment, et de la population riveraine. Ce faisant, les jésuites constatent des manières peu orthodoxes dans la gestion des rapports environnementaux émis par la société, parfois incomplets, tardifs, et certains documents absents. Des méthodes pas très catholiques pour les hommes en soutane. La société minière, par le biais de son président Dominic Barton, réfute ces « accusations ». Cependant, la branche britannique de la « Society of Jesus » semble plus que jamais décidée. Les impacts de cette décision sont nombreux, d’après les spécialistes sur les réseaux sociaux. Pour rappel, en 2020, ils se sont déjà retirés des investissements liés au pétrole, au gaz et au charbon. Se retirer de Rio Tinto serait donc une conséquence logique de leur posture en affaires. Comme impact, surtout symbolique : une réputation écornée. L’autorité morale de la parole des jésuites pointe l’échec ESG (environnement, social et gouvernance) qui place QMM comme une société polluante et opaque. Sans oublier l’existence de corruption à l’échelle nationale ou locale, si jamais les jésuites disent vrai. Les risques d’amendes, de procès, de scandales médiatiques… qui aboutiront à des difficultés de financement. Sachant que l’uranium attaque les reins et le plomb affecte le développement mental des enfants. QMM veut rassurer face à cette décision de l’ordre religieux en affirmant que les plus récentes analyses démontrent des niveaux de métaux inférieurs au seuil détectable. Donc, pas de danger. Le péché de trop pour les jésuites.
Maminirina Rado




