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dimanche, septembre 27, 2026
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Antoine Rajerison : « Le changement de 2025 s’est mué en un système de répression »

« On voulait la fin des intouchables, on assiste à leur consolidation », regrette le député Antoine Rajerison.

Pour Antoine Rajerison, député de Madagascar élu à Arivonimamo, le souffle du changement de septembre 2025 s’est essoufflé, laissant place à des pratiques que le peuple pensait avoir révolues. Entre nominations arbitraires et instrumentalisation de la justice, l’élu appelle à un sursaut avant que la grogne sociale ne s’embrase à nouveau.

Huit mois après le déclenchement des mouvements de revendication de septembre 2025, l’heure est au bilan pour le député Antoine Rajerison. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le compte n’y est pas. Interrogé sur l’évolution de la situation politique et sociale, l’élu n’a pas mâché ses mots. « Ce n’est pas pour ce résultat que des citoyens se sont sacrifiés », a-t-il soutenu. Pour lui, l’esprit du « tolona » a été trahi par une gestion gouvernementale qui privilégie le verrouillage à l’ouverture.

Fokontany. Le premier point de friction réside dans la gestion des fokontany. Véritable baromètre de la démocratie malgache, l’élection des chefs de fokontany était une exigence non négociable de la base. Pourtant, le député constate avec amertume un retour aux nominations par l’Exécutif. Un recul qui, selon lui, étouffe la voix des citoyens à la racine. Par ailleurs, l’ombre de la corruption continue de planer sur les rouages de l’État. La fin de l’impunité, promise lors des grandes mobilisations, semble s’être muée en une protection tacite de certains réseaux. « On voulait la fin des intouchables, on assiste à leur consolidation », semble suggérer l’analyse du parlementaire.

Libertés individuelles. C’est sans doute sur le terrain des libertés individuelles que le député se montre le plus inquiet. Il pointe du doigt une dérive inquiétante : l’utilisation du système judiciaire comme outil de musellement. Le cas des leaders de la « Gen Z », ces jeunes engagés pour le renouveau, est cité comme l’exemple type d’une justice à deux vitesses, qui frappe ceux qui osent dénoncer les travers du pouvoir au lieu de garantir la transparence des affaires publiques. En effet, selon les explications de l’élu d’Arivonimamo, « le changement de 2025 s’est mué en un système de répression ».

Calculs politiques. Abordant le volet économique, Antoine Rajerison pose un préalable strict à toute exploitation de notre sous-sol. Pour lui, la politique d’extraction actuelle est prématurée tant que des structures de protection des ressources minières ne sont pas solidement établies. Il s’agit de protéger le patrimoine national contre le bradage, un sujet toujours sensible dans l’opinion. Enfin, l’élu met en garde contre la tentation du « forcing ». Que ce soit pour l’organisation de la conférence nationale ou pour la mainmise sur les structures électorales, les « calculs politiques » sont palpables. Pour Antoine Rajerison, la coupe est pleine : si les instances dirigeantes persistent dans cette voie unilatérale, elles pourraient bien se heurter de nouveau à la fureur d’un peuple, qui ne tolérera pas une nouvelle déception.

Julien R.

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