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samedi, septembre 26, 2026
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13 mai 1972 : La mémoire malgache plurielle

Selon une chercheuse : « La commémoration est un symbole flexible ; elle a joué des rôles largement variés en fonction des sociétés. » Et, précisément à Antananarivo, ce rôle symbolique a été pleinement exercé. Les cérémonies ont suscité une mobilisation, les discussions ont resurgi et les souvenirs se sont inscrits dans la sphère publique.

Mais au-delà de la ville capitale, quelle est vraiment la situation ? Les faritra se sentent-ils touchés par cette mémoire nationale ? La question reste sans réponse.

En effet, dans de nombreuses régions, le 13 mai 1972 demeure un événement lointain, presque théorique. L’engagement y a été subtil, parfois même absent. De nombreuses familles n’en parlent pas, simplement parce qu’à leur époque, « la ville était tranquille ». Partout, le vécu de l’histoire nationale n’est pas identique dans son intensité. À l’instar des Hautes Terres centrales, hormis Ambalavao, nous avons très peu d’informations sur l’opération Ironclad menée par les Britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale, étant donné que cet aspect concernait principalement le Nord et le Nord-Ouest de la Grande île. Et même parmi les zones directement affectées, beaucoup ont du mal à accepter que leur patrie ait été un champ de bataille secondaire de la guerre mondiale.

Il existe également une autre justification, plus délicate, qui explique cette distance par rapport à la mémoire de 1972. Pour certains groupes, le président de cette période reste avant tout un fils du pays. Philibert Tsiranana n’est pas uniquement une personnalité politique de portée nationale ; il est également enraciné dans une lignée, une région et une mémoire locale. Une autre interprétation des événements perdure autour de lui, portée notamment par certains défenseurs des traditions et de la mémoire collective. Par exemple, à Anahidrano, de nombreuses personnes ne célèbrent pas le 13 mai, car Tsiranana — vu comme le père de l’indépendance malgache — y est né. De ce fait, les événements de 1972 n’ont pas touché Madagascar de façon uniforme. Dans le Nord, certains parlent même d’une sorte de « contre-révolution ». Une portion de la population, francophile, ne se mêlait pas du dédain manifesté dans la capitale vis-à-vis du régime de Tsiranana. Tandis que certains manifestants à Antananarivo le percevaient comme une marionnette française, d’autres le voient comme un défenseur des tanindrana.

L’objectif n’est pas de nourrir les divisions identitaires, et encore moins de réduire l’histoire à des affiliations ethniques. Il s’agit simplement de reconnaître une vérité souvent négligée : la mémoire collective malgache n’est ni uniforme ni exclusive. Chaque région a sa propre perspective sur les événements qui ont modelé la nation.

Iss Heridiny

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