Le voile commence à se lever sur le calendrier politique de la transition. En déplacement officiel à Brazzaville mercredi dernier, le chef de l’État malgache, Michaël Randrianirina, a fini par prononcer le mot que le pays attendait depuis des mois : élections. Devant la presse congolaise, il a annoncé que des scrutins seront organisés « vers la fin de l’année 2027 ». Une première prise de position publique dans le discours du régime de refondation. Mais derrière cette annonce, le flou demeure entier. Le chef de l’État n’a précisé ni la nature des élections prévues ni l’ordre dans lequel elles seront organisées. Présidentielle, référendum constitutionnel, législatives : aucune indication claire n’a été donnée. Michaël Randrianirina s’est limité à déclarer qu’« il y aura beaucoup d’élections », sans davantage de détails. Une ambiguïté qui nourrit déjà les interrogations sur la véritable feuille de route politique du pouvoir.
Car ces futurs scrutins sont loin d’être anodins. Ils détermineront la sortie officielle de la transition et la configuration du prochain régime politique. Or, jusqu’ici, l’exécutif entretenait un silence prudent sur les échéances électorales, alimentant les spéculations autour d’un possible prolongement de la transition ou d’une réforme institutionnelle préalable. À Brazzaville, Michael Randrianirina a toutefois insisté sur un point : « La refonte électorale est en marche dans le pays », a-t-il affirmé. Selon lui, le récent renouvellement des membres de la Commission électorale nationale indépendante s’inscrit précisément dans cette dynamique. Le pouvoir affirme ainsi vouloir préparer un nouveau cadre électoral avant toute consultation populaire.
Du côté du gouvernement, les signaux étaient déjà perceptibles depuis plusieurs mois. Hanitra Razafimanantsoa, ministre chargée de la Refondation, avait à plusieurs reprises annoncé que 2027 serait « une année électorale ». Elle avait également indiqué que 2026 serait consacrée aux concertations nationales, laissant entendre qu’une vaste phase de discussions politiques et institutionnelles précéderait les scrutins. Reste désormais une question centrale : quelle élection ouvrira réellement la voie à la sortie de la transition ? Derrière les annonces officielles, le pays attend toujours un calendrier précis, un cadre juridique stabilisé et surtout des garanties sur la transparence du processus. Car, à mesure que 2027 se rapproche, la pression politique, elle aussi, commence à monter.
Rija R.


