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lundi, août 31, 2026
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Chronique de Mickey : 18 mai 1972, le général Gabriel Ramanantsoa, l’homme qu’il fallait à la place qu’il fallait ?

Le régime PSD, agonisant après la guerre d’usure que lui harcelaient toutes les composantes sociales de la capitale, d’abord, puis des grandes villes de province, remit les pleins pouvoirs, le 18 mai au soir, au chef d’état-major de l’armée malgache, en la personne du général Gabriel Ramanantsoa.

Quels étaient le contexte et les enjeux du moment ?

« Un pays encore sous « domination française. Cette époque est surtout marquée par les accords de coopération liant les deux pays ».

Mais la Première République est « détestée » pour sa trop « grande proximité » avec l’ancienne mère patrie. Ses détracteurs ont d’ailleurs retourné contre elle cette « vision des choses », ce qui devait finalement provoquer sa chute. Sans parler de l’usure du pouvoir du parti dominant qu’est le PSD et de ses hommes, marquée notamment par des luttes intestines. Cette guérilla interne a fait une victime : le pouvoir PSD ! Les accords de coopération avec la France sont décriés, très critiqués, et furent considérés comme le prolongement d’une colonisation déguisée.

Les acteurs de cette révolution réclamèrent une « deuxième indépendance », en plus des revendications sur l’enseignement et les salaires. Cette révolution fut considérée par les autorités comme un complot communiste venu de l’étranger, tandis que les Français y voyaient une révolte nationaliste indépendantiste ; le drapeau était omniprésent : le drapeau blanc et rouge aux couleurs de l’ancien royaume de Madagascar. D’autres y voyaient une lutte de libération culturelle, une forme de militantisme contre l’emprise de l’ancien pouvoir colonial sur le système éducatif malgache. Dans tous les cas, le modèle postcolonial s’effrita et laissa place à un nouveau modèle, celui de la malgachisation. La langue malgache reprend le pas sur le français.

Les enjeux

Une émancipation trop longtemps muselée pour les uns ; une présence à maintenir sous une autre forme pour les autres.

L’homme du compromis

Si le PADESM, devenu en grande partie le PSD, avait comme hantise le retour de la royauté merina au trône, au détriment, selon lui, des populations vassalisées avant la colonisation.

Cette hypothèse a été écartée car Ramanantsoa a été moulé par la France lors de sa brillante et longue carrière dans les rangs de l’armée française. D’ailleurs, son statut d’Andriana est mis en doute dans certains milieux. Il serait issu des Hovas, où les élites (à son époque) se mariaient généralement avec les métisses franco-malgaches. Sa femme s’appelait Marcelle Larguier, née Euphrasie Ravaonirina.

Il n’en est pas moins pour une rupture avec le régime PSD de Tsiranana. Le général a beaucoup hésité, semble-t-il, à accepter, et a déclaré : « Le Président de la République m’a donné les pleins pouvoirs, je suis un militaire, je ne suis pas un politicien. Pour le bien du pays, la vie politique sera mise en sommeil. Je porterai mon effort sur les domaines économique, social et culturel, au bénéfice des plus nécessiteux. Je vous demande de m’aider en reprenant le travail et en faisant preuve de discipline et de patience. Je vais constituer un gouvernement apolitique de militaires et de techniciens. J’ai comme première ligne de conduite de développer l’unité nationale ». De toutes les façons, il ne sera définitivement mis à l’écart qu’au lendemain du « referendum-plébiscite » du 8 octobre.

Une rupture avec la France ?

Du 14 au 18, on assiste à un véritable ballet de négociations, ponctuées de concessions de la part d’un pouvoir qui va céder aussi radicalement qu’il avait réprimé. Les intercesseurs officiels sont les chefs des Églises (catholique, anglicane et protestante) et les militaires. Les intercesseurs officieux sont les Français. L’ambassadeur de France est très hostile à une intervention qui donnerait, d’après lui, le signal d’un massacre des Français, alors même que les troupes françaises sont aux portes de Tananarive. Selon l’historien Solofo Randrianja, « certains auteurs parlent de Mai 1972 comme d’une deuxième indépendance, c’est un abus de langage. Les liens sont toujours présents avec la France, qui reste le premier partenaire bilatéral. Puis, aucun bâtiment officiel ni sujet français n’a fait l’objet de violence pendant et après la crise », ajoute Jean-Claude Rabeharifera.

En somme, s’il n’y avait pas le massacre du 13 mai, on pourrait dire que la passation s’était passée sans trop de vagues. Signe d’un bon casting, mine de rien. La forme républicaine de l’État a été maintenue, ainsi que, dans sa grande partie, les relations avec l’ancienne métropole.

M.Ranarivao

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